Le vendredi 25 avril dernier, le Conseil présidentiel de transition a bouclé sa première année à la tête du pays. C’est l’échec total, selon de nombreux acteurs de la classe politique et de la société civile.
Il est évident que le Conseil présidentiel de transition n’a tenu aucun des engagements pris pour juguler la crise. Au contraire, la situation s’est dégradée durant ces 12 mois.
C’est dans ce contexte que, l’un des artisans de l’accord du 03 avril a brisé le silence pour se positionner sur la débâcle du CPT. Représenté au sein du conseil président de transition par Emmanuel Vertilaire, le part « Pitit Dessallines » menace de rappeler son représentant, d’ici deux semaines, si rien n’est fait pour faciliter la résolution de la crise.
Sur Magik9, ce lundi 28 avril 2025, le secrétaire général « Pitit Dessallines » Jean Charles Moise dénonce « l’incapacité, l’irresponsabilité et le manque de volonté de prendre des dispositions idoines pour neutraliser les gangs armés qui théorisent la population. »
L’ex sénateur du Nord a rappelé qu’à la suite de la persistance de la crise sécuritaire, sa structure politique a demandé son représentant de solliciter une rencontre du coordonnateur du CPT afin de discuter sur les dispositions à prendre pour freiner les actions criminelles des groupes armés.
Jean Charles Moise a critiqué le comportement de Fritz Alphonse Jean qui, dit-il, avait quitté ses pairs à la salle lors de cette rencontre, alors qu’ils devaient s’entretenir sur des problèmes cruciaux du pays. Il accuse les membres du CPT qui préfèrent se concentrer sur des contrats juteux afin de bénéficiers des commissions, au lieu de se focaliser sur les problèmes les plus urgents du pays.
« On ne peut pas cautionner une telle dérive », déclare Jean Charles Moise qui tente de dédouaner son parti de l’échec cuisant du CPT, arguant que « Pitit Dessallines » n’est qu’une voix sur neuf et que les décisions sont soumises à la volonté d’une majorité qualifiée.
L’ex maire de Millot exprime sa volonté de relancer la mobilisation à travers tout le territoire national « afin de chasser le CPT budgétivore ». prône une autre alternative entre toutes les forces vives du pays pour trouver une issue favorable à la crise globale.
Le CPT avait promis, lors de son installation, de mettre tout en œuvre pour juguler la crise multidimensionnelle qui bouleverse le pays. Pourtant, 12 mois plus tard, c’est l’échec total, selon de nombreux observateurs. La situation sécuritaire notamment s’est complètement dégradée.
Les gangs armés contrôlent toute la région métropolitaine de la capitale et certaines villes de provinces. Les grands axes routiers du pays restent toujours bloqués par des bandits armés.
La dégradation constante du climat sécuritaire du pays pousse des centaines de milliers de familles à fuir leurs maisons, leurs quartiers et même leur département. Rien n’est fait pour améliorer les conditions de vies de la population, alors que les membres du CPT coûtent au trésor public 90 millions de gourdes par mois soit dix millions chacun, selon un rapport du réseau national de défense des droits humains (RNDDH).
En outre, ils s’octroient des frais spéciaux pour les fêtes patronales et pour d’autres célébrations, révèle le RNDDH. L’organisation cite en exemple, les dernières fêtes pascales pour lesquelles les 9 conseillers-présidents ont reçu chacun entre 3 millions et 5 millions de gourdes. Pour sa première année bouclée le 25 avril 2025, le CPT a couté au trésor public 1 milliard et 122 millions de gourdes, révèle l’organisation dirigée par Pierre Espérance qui a documenté 13 massacres perpétrés dans le pays au cours de cette première année du Conseil présidentiel de transition.
Léon Kersivil
- Log in to post comments


