PubGazetteHaiti202005

Des milliers de personnes ont manifesté contre l’insécurité et pour le départ de Jovenel Moïse dans la capitale 

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Ce dimanche 07 Mars 2021, à l’initiative des travailleurs de la santé, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans la capitale contre l’insécurité marquée notamment par le kidnapping. 

Révolté par l'assassinat crapuleux du Dr Ernst Pady lors d’une tentative d’enlèvement dimanche 28 février 2021et de la jeune infirmière, Edlyne L. Mentor le 02 mars dernier alors qu’elle revenait de la banque, les professionnels de la santé supportés par des leaders et militants politiques ont décidé à leur tour de manifester ce dimanche à Port-au-Prince, pour dire non à l’insécurité et au kidnapping qui décapitalise les familles sous l’œil impuissant des autorités haïtiennes. 


Comme dans les précédentes marches lancées par la société civile, ce dimanche la participation citoyenne a été au rendez-vous. En effet, des milliers de personnes dont des leaders de l’opposition, des citoyens engagés et des militants politiques ont accompagné les travailleurs de la santé lors de cette marche. 

Vers 11 heures du matin, ils étaient déjà  plusieurs centaines de médecins, infirmières, pharmaciens, militants politique entre autres à démarrer cette marche devant les locaux de l’hôpital Universitaire d’État d’Haïti (HUEH) mieux connue sous le nom de l’hôpital Général à la rue Saint Honoré. 

Vêtus de leur blouses et de maillots de couleur blanche pour d’autres, les travailleurs de la santé et les militants politiques arborant des pancartes avec des slogans dénonçant l’insécurité, le kidnapping ayant engendré l’assassinat crapuleux  du Dr Erns Pady et l’infirmière Edlyne L. Mentor, ont emprunté la rue Capois puis l’avenue Lamartinière pour se rendre à l’avenue Christophe devant la clinique du feu docteur où il a été lâchement tué pour délivrer un message. 

Devant la clinique de Dr Pady, l’un des initiateurs de cette marche, Dr Odilet LESPERANCE, Secrétaire général du Réseau Haïtien de Journalistes de la Santé (RHJS), et obstétricien-gynécologue a l’HUEH, a invité tous les secteurs de la vie nationale à rejoindre la bataille contre l’insécurité marquée notamment par une recrudescence du kidnapping. 


Selon lui, ce problème concerne tous les Haïtiens car, dit-il, la machine de l’insécurité n’épargne personne. 

Après cette déclaration, les protestataires ont poursuivi leur périple, en logeant  l’avenue John Brown (Lalue), puis l’avenue Martin Luther King pour rejoindre le Carrefour de l’aéroport où un groupe de manifestants les attendaient. 

Une fois fusionnée au carrefour de l’aéroport, la foule se comptait désormais en milliers de personnes, et grossissait à mesure que la foule avançait.


« Le pédiatre Didi est mort comme docteur responsable. Jovenel Moïse continue de vivre en tant qu'assassin, voleur, kidnappeur. Où est la fierté ? », peut-on lire sur l'une des pancartes. Sur d’autres sont écrits des messages contre le pouvoir. 

 

« Je suis là pour dire non au kidnapping et à l'insécurité. Le pouvoir en place ne peut pas livrer la marchandise quand on sait que le mandat de Jovenel Moïse est arrivé à terme et ce pouvoir fédère les groupes armés pour alimenter l'insécurité », a martelé le Dr Axilien arborant sa blouse blanche. 

« Nous déplorons que les professionnels de santé ne soient pas en sécurité. La population est livrée à elle même. Et nous les médecins, nous foulons le béton pour revendiquer le droit à la sécurité. Nous sommes inquiets pour notre vie. Aujourd'hui c'est le Dr Pady, demain ce sera peut-être moi », a indiqué le médecin qui invite par ailleurs les médecins à  déposer leur blouse si Jovenel Moïse n'entend pas la raison. « On sait la conséquence que cela va avoir sur les patients. C'est pourquoi, je demande à la population de prendre ses responsabilité », a-t-il appelé.


Le Dr Audilène Espérance lui, demande à la population de lutter pour un meilleur lendemain. « Tant que la jeunesse s'engage, on pourrait grader l'espoir », estime le Dr Espérance qui commente la décision du pouvoir en place de deteinter les véhicules. « C'est une décision cosmétique. Pour éviter des contraventions, nous sommes obligés de le faire, on sait que cela ne va rien apporter comme résultat" », croit-il, tout en rappelant que l'ancien DG Fednel Monchery a été interpellé ayant en sa possession plusieurs plaques officielles puis relâché rapidement par la police. 

Des hommes politiques aussi ont été remarqués dans la marche pour continuer d'exiger le départ de Jovenel Moïse. René Civil dénonce Jovenel Moïse qui, dit-il, kidnappe le pouvoir depuis un mois et qui renforce le kidnapping dans le pays. « Nous protestons contre le kidnapping. C'est grave de constater que rien ne fonctionne dans ce pays à l'exception du kidnapping. »


Le leader de Pitit Dessalines Jean-Charles Moïse a expliqué les raisons de sa présence dans la marche : « Je suis là non seulement pour exiger le départ de Jovenel Moïse, mais aussi  nous sommes venus dire non aux actes de kidnapping. On demande à l'international de rompre avec leur ingérence en Haïti parce que le peuple haïtien veut prendre en main son destin », a déclaré l’ancien sénateur qui tire à boulets rouge sur le secteur bourgeois qui, d'après lui, prend en otage le pays. 

L'ancien sénateur Antonio Chéramy au milieu de la foule a demandé à la population de se mobiliser et de ne pas abandonner la bataille tandis que l'ex sénateur Louis Gérald Gilles a dénoncé ce qu'il appelle un « kidnapping d'Etat. »


Du carrefour de l’aéroport à Delmas 60 où il y a eu une mésentente entre des militants et les organisateurs sur le parcours de la marche, la police, qui assurait la sécurité de la marche  depuis le champ de Mars, a fait preuve d’un comportement exemplaire.  Sauf qu’ au niveau du Carrefour Museau, non loin de la résidence officielle du premier ministre, les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, incident qui s’est produit après que des manifestants ont tenté de briser un barrage érigé par la PNH pour empêcher aux manifestants de se rendre à Pétion-Ville. 

La foule qui a été partiellement dispersée allait vite se reconstituer. Les manifestants  toujours aussi nombreux sont descendus sur la route de Bourdon pour se rendre sur la place du Canapé-Vert où le message final a été délivré. 

Encore une fois c’est le docteur Odilet Lespérance qui a délivré le message final. Dans ses propos, il a invité les travailleurs de la santé à rester mobiliséspour forcer les autorités à mettre fin à ce fléau qu’est l’insécurité et le kidnapping. 

« Nou bouke ak kidnaping, ak asasina ak ensekirite, prezans nou nan lari a temwaye lespwa, paske ayiti ka chanje, Ayiti dwe chanje e ayiti ap chanje», a déclaré Dr Lespérance demandant à la communauté internationale de soutenir Haïti dans la lutte contre l’insécurité, le kidnapping et la dictature. 

Notons que plusieurs personnalités publiques tels le journaliste Jean Monard Metellus, le défenseur des droits de l’homme Pierre Espérance, les ex  sénareur Gérald Gilles , Steeven Bénoit, Francisco Délacruz, ont apporté leur support à cette marche. Ils ont en profité pour demander à Jovenel Moïse, qu’ils accusent de dictateur, de quitter le pouvoir. Si les medecins étaient dans les rues pour dire non à l'insécurité, les dirigeants et militants politiques y étaient pour réclamer le départ du pouvoir. 

Comme c'est le cas après chaque manifestation, des militants politiques ont affronté les forces de l’ordre au Champs-de-Mars. Ils ont lancé des pierres en direction des policiers qui ont riposté en faisant usage de gaz lacrymogènes.

 

 

 

Par Kervens Adam PAUL et Michel Césaire 

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