PubGazetteHaiti202005

Jean-Bertrand Aristide tacle les « gangs à cravate », distribue des « cartons rouges » et annonce la gratuité des études d’agronomie à l’Université UNIFA

Jean-Bertrand Aristide

L’Université de la Fondation Aristide (UNIFA) a célébré, le dimanche 1er mars 2026, la graduation de plus de 600 étudiants issus de ses différentes facultés. Le Président de l’UNIFA a profité de son discours pour annoncer la gratuité des études d’agronomie à l’Université.


À chaque promotion, les regards se tournent vers lui. Ses discours, réputés pour leurs envolées rhétoriques, leurs métaphores ciselées et leurs saillies politiques, suscitent une attention particulière. Dimanche encore, l’ancien président n’a pas dérogé à cette tradition. Plus de 616 étudiants ont achevé leur parcours académique, et Jean-Bertrand Aristide n’a pas manqué de saluer « la persévérance et la constance » dont ils ont fait preuve.

S’adressant aux nouveaux diplômés, il les a exhortés à incarner une élite « capable de prendre les rênes du pays », une génération prête à conjuguer « science et conscience ». Aristide a mis en garde contre ce qu’il a qualifié d’« anosognosie politique » et d’« analphabétisme politique », des expressions qui, vraisemblablement, traduisent l’incapacité de certains acteurs à reconnaître leurs propres errements et à comprendre les enjeux fondamentaux de la gouvernance.

Pour illustrer les possibilités d’un redressement économique rigoureux, Jean-Bertrand Aristide a souligné qu’« un milliard de dollars suffit à financer vingt hôpitaux modernes de cent à cent cinquante lits, deux cent cinquante écoles entièrement équipées, cinq mille salles de classe rénovées et quatre cents kilomètres de routes neuves, ainsi que le microcrédit, l’électricité et de l’eau potable pour notre peuple ». 

Poursuivant sur le même registre, il a affirmé que « avec vingt-et-un milliards de dollars, la nouvelle Haïti peut se doter de quatre cent vingt hôpitaux modernes, cinq mille deux cent cinquante écoles, cent cinq mille salles de classe et huit mille quatre cents kilomètres de routes neuves, microcrédit, l’électricité et de l’eau potable pour notre peuple ».

Des « cartons rouges » contre les « gangs à cravate »

Fidèle à son style, Jean-Bertrand Aristide s’est attaqué frontalement à ce qu’il appelle les « gangs à cravate ». Il a dénoncé « les politiciens bluffeurs » qui trahissent le peuple, les criminels qui pratiquent les enlèvements et ceux qui programment la misère, le chômage et la faim ». Il a estimé que les complices qui refusent de laisser la police libérer le pays des gangs doivent recevoir un carton rouge.

À chaque catégorie évoquée, la foule d’étudiants et de sympathisants, acquise à sa cause, a repris en chœur l’image du « carton rouge », ce qui a transformé l’allocution en une scène quasi pédagogique où l’exclusion morale des fauteurs de crise devenait un acte collectif. L’ancien président a également fustigé ceux qui, selon lui, freinent le développement des infrastructures stratégiques, notamment les aéroports et les routes.

Malgré la vigueur de ses critiques, Jean-Bertrand Aristide a tenu à adresser un message de solidarité aux victimes de l’insécurité, des enlèvements, de la misère et du chômage. Il a rappelé que la reconstruction du pays passe avant tout par la dignité humaine et la justice sociale.

Lors de son allocution, l’ancien chef d’État a annoncé que les études d’agronomie seront désormais offertes gratuitement à l’Université de la Fondation Aristide. Cette décision a été saluée par une ovation prolongée.

Par: Daniel Jean

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