Dans une note rendue publique le 24 janvier 2026, le parti politique Pitit Dessalines affirme son soutien au Conseil présidentiel de transition (CPT) et justifie la révocation de l’ex-Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, tout en dénonçant l’ingérence de la communauté internationale et en appelant à une transition axée sur la souveraineté nationale et la sécurité.
Après avoir, à plusieurs reprises, exprimé son désaccord avec le Conseil présidentiel de transition (CPT), le parti politique Pitit Dessalines a, cette fois-ci, officiellement affiché son appui à cette instance dans le bras de fer politique qui l’oppose à l’ex-Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une note d’appui, la formation politique juge la position du CPT pour révoquer le Premier ministre « légitime et justifiée » au regard de la grave crise multidimensionnelle que traverse Haïti.
Insécurité généralisée, effondrement institutionnel, précarité économique et perte de confiance de la population figurent parmi les principaux maux évoqués. Face à cette situation, Pitit Dessalines plaide pour une transition politique responsable, orientée vers la restauration de l’autorité de l’État et la refondation nationale.
Le parti insiste sur la nécessité de faire de la sécurité nationale une priorité absolue, condition indispensable à l’organisation d’élections libres, démocratiques, crédibles et souveraines. Il appelle également à des mesures urgentes en faveur des déplacés internes et des masses populaires, notamment en ce qui concerne le coût de la vie, l’accès aux services de base et la protection sociale.
Tout en affirmant son soutien au CPT, Pitit Dessalines précise que cet appui est « critique, conditionnel et patriotique ». Le parti dénonce notamment des décisions prises par l’ancien Premier ministre, dont un contrat de 60 millions de dollars par an sur dix ans pour la collecte des taxes frontalières, jugé contraire aux intérêts nationaux. Il critique également la gestion sécuritaire du gouvernement sortant, accusé d’avoir tenté de pallier l’absence d’un plan national de sécurité par l’utilisation de drones, après quatorze mois qualifiés d’« échec ».
Par ailleurs, Pitit Dessalines fustige la position de la communauté internationale, qu’il accuse de soutenir un Premier ministre soupçonné de corruption et de manœuvres politiques visant à influencer le processus électoral. Selon le parti, ce soutien extérieur risque de déboucher sur des élections truquées et contestées, au détriment du peuple haïtien.
S’appuyant sur le vote majoritaire de cinq conseillers sur sept au sein du CPT, Pitit Dessalines, dont le représentant Emmanuel Vertilaire n’ a pas signé la résolution de destitution du premier ministre, estime qu’aucun retour en arrière n’est juridiquement possible sans une majorité équivalente. Le parti appelle ainsi les cinq membres favorables à la décision à officialiser la révocation d’Alix Didier Fils-Aimé et à procéder également à celle du coordonnateur du Conseil présidentiel de transition, conformément à leurs prérogatives.
Enfin, Pitit Dessalines interpelle le directeur général de la Police nationale d’Haïti, l’exhortant à s’éloigner de toute considération politique pour se concentrer sur sa mission régalienne, notamment le déblocage des grandes artères du pays afin de garantir la libre circulation des personnes et des biens.
Dans la note signée par Moïse Jean-Charles, secrétaire général du parti Pitit Dessalines, le parti réaffirme sa disponibilité à participer au dialogue national et à contribuer à toute initiative sincère visant la reconstruction de l’État-nation sur des bases « justes, fortes et souveraines ».
Par Wideberlin Sénexant
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