Environ 5 836 déplacements forcés ont été recensés dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince, capitale d'Haïti, plus précisément Bel Air, Quai de la Saline et Delmas 2, Saint-Martin, Tokyo le 8 et 9 janvier dernier suite aux actes de violence, selon un rapport de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM).
La Police Nationale d’Haïti (PNH), en coordination avec les Forces armées d’Haïti (FAD’H), la Task Force et la Force de répression des gangs (FRG), mène des opérations d’envergure dans plusieurs zones du bas de Port-au-Prince. Ces interventions, qui ont réduit certains secteurs en cendres et semé la panique au sein des groupes armés, ont également contraint des habitants à fuir leurs domiciles.
D’après un rapport de l’OIM, environ 1635 familles représentant 5 836 personnes ont fui leurs maisons entre le 8 et 9 janvier dernier. La majorité (86 %) se sont hébergés dans des familles d'accueil, tandis que 14 % se sont installées sur deux sites qui accueillaient déjà des personnes déplacées avant ces incidents. 42% ont trouvé refuge à Port-au-Prince, 29% à Delmas et 28% à Cité Soleil.
Ces chiffres constituent le premier bilan partiel de l’OIM sur ces faits. Elle dit s'engager à suivre la situation et publier des mises à jour si nécessaires.
Il faut souligner que les autorités policières avaient annoncé le 4 janvier des interventions musclées dans les foyers des gangs à Bel Air et au bas Delmas en vue de les éradiquer et reprendre le contrôle de ces territoires. Plusieurs drones ont été lancés provoquant d'importants dégâts dans le camp des gangs. Des matériels dont un fusil M16 ont été saisis par les forces de l’ordre.
Hier, la PNH a annoncé des opérations à Delmas 6, fief du chef de gang Jimmy Cherizier, alias Barbecue. Plusieurs drones ont été largués lors de ces interventions. Des vidéos virales publiées sur les réseaux sociaux montrent des maisons en train d’être détruites.
À ce jour, aucun bilan sur les pertes humaines n’a encore été communiqué par les autorités.
Ces interventions se multiplient alors que le mandat du Conseil présidentiel de transition arrive à terme dans moins d’un mois, et que les élections sont prévues en août prochain.
Les autorités continuent toutefois de promettre de reprendre le contrôle des territoires dominés par les gangs, afin de permettre aux personnes déplacées de retourner chez elles.
La situation sécuritaire en Haïti s’est fortement aggravée depuis 2021, poussant 1,3 million de personnes à fuir leur domicile et entraînant des milliers de blessés, d'homicides et de violences sexuelles. La majeure partie de Port-au-Prince soit 90% est sous l’emprise des gangs ainsi que certaines villes de province. La PNH est complètement absente dans certaines communes d’où seuls les gangs imposent leurs lois.
Par: Daniella Saint-Louis
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