Lors de la cérémonie d’échanges de vœux organisée en présence du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), du Premier ministre, de membres du gouvernement et du corps diplomatique, l’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, également doyen du corps diplomatique, a livré un discours où il a dressé un bilan des avancées de la transition et surtout, souligné publiquement l’échéance du mandat du Conseil Présidentiel de Transition au 7 février 2026, tout en insistant sur la nécessité d’engager pleinement le processus électoral.
Dès l’ouverture, l’ambassadeur a remercié les autorités pour « ce moment de partage au terme de cette année de transition », tout en rappelant que 2025 a été une année de « grande décision ». il les a aussi félicité pour la mise en place « des pôles judiciaires spécialisés sur les crimes financiers et les crimes de masse ». Il a toutefois souligné que l’opérationnalisation de ces pôles reste à confirmer et demeure indispensable pour « briser le cercle de l’impunité » et lutter efficacement contre la grande corruption.
S’adressant directement au CPT, il a salué « le leadership, la vision et le courage » des autorités, tout en reconnaissant implicitement les résistances auxquelles elles font face. « Votre leadership est d’autant plus grand sachant que des intérêts puissants souhaitent votre échec sur ces questions importantes », dit-il.
Sur le plan sécuritaire, Giroux a mis en relief l’importance de la résolution adoptée par le Conseil de sécurité concernant la Force de répression des gangs (GSF). Il a rappelé que le Canada, aux côtés des membres du Groupe permanent des partenaires, a co-organisé la conférence du 9 décembre consacrée à la composition de cette force. « Cette conférence a permis à 18 entités de s’engager à fournir du personnel, des ressources et du soutien technique. De tels engagements illustrent bien l’ampleur de la mobilisation internationale derrière cette mission », a assuré le diplomate.
Il a toutefois averti que cette mobilisation mondiale ne saurait réussir sans un effort parallèle des autorités locales. Le succès de la mission dépend en grande partie, selon lui, de la capacité de l’État haïtien à renforcer ses forces de sécurité et à lutter fermement contre les trafics d’armes et de drogue, en particulier par une mobilisation accrue des services comme les douanes. « Le statu quo n’est pas une option ; nous aurons raison des forces destructrices à l’œuvre, qu’elles soient criminelles, économiques ou politiques », souhaite-t-il.
Tout le long de son discours, Giroux a insisté sur la nécessité, pour les dirigeants actuels, de préserver la continuité politique en cette période critique. Ce message prend une résonance particulière lorsqu’il évoque la fin du mandat du CPT, désormais proche. En effet, l’ambassadeur a clairement situé l’échéance : « À quelques semaines de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition… nous pouvons tous nous réjouir de ces progrès dans la mise en œuvre des chantiers importants de la transition », a indiqué l’ambassadeur dans son discours. Une formule qui confirme ou rappelle diplomatiquement mais fermement que le mandat expire le 7 février 2026.
André Giroux a poursuivi : « Nous demeurons cependant vigilants et engagés pour que tous les efforts nécessaires soient faits pour effectivement ouvrir la voie à la sécurité, à la restauration de l’ordre constitutionnel et la reconstruction du pays au profit des Haïtiennes et Haïtiens »
Le diplomate a également salué les efforts ayant conduit à la finalisation et à la publication du décret électoral, qu’il considère comme « un autre grand pas » qui permet d’engager le processus électoral et de consolider les acquis de la transition. Il a souligné que la communauté internationale reste « solidaire du peuple haïtien et de son droit souverain et fondamental à choisir librement et démocratiquement ses dirigeants ».
L’ambassadeur du Canada en Haïti n’est pas bien vu par certains membres du Conseil Présidentiel de Transition dont Fritz JEAN et Edgard Leblanc Fils. Ces derniers ont accusé le diplomate d’ingérence. Sauf que, à demie mesure, le diplomate a rappelé la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition sous les yeux de ces conseillers présidentiels.
Pour l’instant, il n’est pas encore clair si le Conseil Présidentiel de Transition fera ses valises après le 7 février 2026. Le CPT n’a pas encore fait de communication officielle sur la situation. Dans les coulisses, plusieurs scenarios sont sur la tableau comme le maintien du CPT jusqu’aux élections, une réduction des membres à trois (3) ou à un (1) entre autres. Sauf que, conformément au décret, le mandat du CPT prend fin le 7 février 2026.
Certains membres du Conseil Présidentiel de Transition voulaient à tout prix s’offrir la tête du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qui a finalement remporté la bataille politique. Cette initiative a couté à Fritz Jean des sanctions américaines.
Par: Daniel Zéphyr
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