PubGazetteHaiti202005

Trafic illégal d’armes en Haïti: un ancien policier américain condamné à trois ans prison par les autorités américaines

@USEmbassyHaiti

Un ancien policier américain a été condamné à trois ans  prison par le juge de district américain John Antoon  II pour trafic illégal d’armes à feu vers  Haïti, selon un communiqué publié par le département d’Etat des Etats-Unis le 14 août 2025.

Michael Adrian Nieto, 31 ans a été condamné à trois ans prison par juge de district américain John Antoon II pour trafic illégal d'armes . 

Selon les  informations rapportées par le département d’Etat American, Nieto, agent des forces de l'ordre assermenté, a acheté et revendu des armes à feu à plusieurs reprises. Il a notamment fourni des armes à Ernesto Vazquez, membre clé d'un complot criminel ayant permis l'introduction clandestine de centaines d'armes à feu en République dominicaine, à Porto Rico et en Haïti. De plus, pour soutenir ce complot, Nieto a utilisé les bases de données de la police pour fournir des informations sensibles et confidentielles à Vazquez. Il a plaidé non coupable le 13 février 2025.

L’ancien policier américain  a acheté au moins  58 armes à feu entre le 6 juin 2022 et le 4 septembre 2024. Nombre d'entre elles étaient identiques et ont été achetées ensemble ou à des dates rapprochées.  Lors d’une perquisition effectuée le 17 octobre 2024 par des agents du FBI et de l'ATF en son domicile, 12 armes à feu ont été trouvées. Interrogé par les agents en question , Nieto  a avoué avoir acheté et revendu à plusieurs reprises des armes à feu à des particuliers, dont Vazquez, tout en sachant que ce dernier les transférait à des tiers, en violation de la loi fédérale. 

Il a aussi révélé que Vazquez lui avait fourni des articles illégaux, notamment un dispositif de conversion de mitrailleuse, rapporte le département d’Etat américain, rappelant que  Vazquez avait plaidé de complot de trafic d'armes à feu a été condamné à 11 ans de prison fédérale.

À travers un tweet ce matin l’Ambassade des Etats-Unis en Haïti a affirmé qu’ « un autre criminel a été arrêté et condamné pour avoir envoyé des armes en Haïti! »

« L’ère de l’impunité est terminée », précisent les autorités américaines.

Le 23 juillet dernier, un ressortissant haïtien naturalisé américain nommé Richardson Bazile a été arrêté à Texas pour financement aux gangs armés en Haïti . Selon les documents déposés devant la justice fédérale américaine, Richardson aurait transféré des fonds destinés à l’achat d’armes, de véhicules et au paiement de salaires pour des membres de l’alliance criminelle Viv Ansanm, dirigée par Jimmy « Barbecue » Chérizier. BAZILE Richardson est également connu sous le nom de : Fredo Pam, Fred Lion, Leo Danger, Lepe Blode et Fredo.

Il aurait non seulement maintenu des contacts fréquents avec Barbecue mais se serait aussi engagé à financer tous ses projets, y compris l’acquisition d’armes lourdes. Selon l’acte d’accusation, Richardson a déclaré à plusieurs reprises vouloir « renverser le gouvernement haïtien ».

L'enquête contre Richardson a débuté dès la mi-2022. Les autorités américaines ont retracé plusieurs transferts effectués via des compagnies spécialisées, dont certains directement destinés à des membres identifiés de Viv Ansanm. Entre autres preuves, le ministère de la Justice cite des photos de reçus, des notes vocales, et des plans concrets de soutien logistique et financier à l’organisation armée.

Richardson aurait également eu des échanges avec des co-conspirateurs en Haïti et dans d’autres États américains, notamment à New York et au Massachusetts. Plusieurs d’entre eux auraient participé à la collecte et au transfert de fonds, à l’achat d’équipements et à l’organisation de réunions visant à planifier des actions violentes.

Risques légaux et détention provisoire

Bazile Richardson est inculpé de conspiration en vue de violer l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), une loi fédérale régissant les sanctions économiques à l’échelle internationale. Il risque de lourdes peines de prison, notamment pour avoir « sciemment violé des régulations financières dans le but de soutenir une organisation terroriste étrangère ».
Lors d’une audience préliminaire à Houston le 29 juillet, Richardson a été placé en détention provisoire. Son dossier a depuis été transféré devant une cour fédérale à Washington, où il devra répondre de ses actes.

L’affaire révèle aussi l’implication directe de certains membres de la diaspora dans la déstabilisation politique du pays. 

La tête de Barbecue mise à prix 


Suite à l’arrestation de Bazile, le  Programme de récompenses pour la criminalité transnationale organisée du Département d’État américain a annoncé une prime pouvant aller jusqu’à 5 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation ou à la condamnation du caïd. 

D’après l’acte d’accusation, depuis sa désignation comme SDN, Chérizier et Richardson ont mené un vaste complot avec des individus aux États-Unis, en Haïti et ailleurs pour collecter des fonds destinés à ses activités criminelles. Ils ont sollicité directement des membres de la diaspora haïtienne aux États-Unis et, après avoir acheminé l’argent à des intermédiaires en Haïti, ont transmis à Chérizier des photos des reçus de transfert. Ces fonds servaient principalement à payer les salaires des membres de son gang et à acquérir des armes auprès de trafiquants illicites en Haïti.

D’après l’acte d’accusation, depuis sa désignation comme SDN, Chérizier et Richardson ont mené un vaste complot avec des individus aux États-Unis, en Haïti et ailleurs pour collecter des fonds destinés à ses activités criminelles. Ils ont sollicité directement des membres de la diaspora haïtienne aux États-Unis et, après avoir acheminé l’argent à des intermédiaires en Haïti, ont transmis à Chérizier des photos des reçus de transfert. Ces fonds servaient principalement à payer les salaires des membres de son gang et à acquérir des armes auprès de trafiquants illicites en Haïti.

« Chérizier et un associé américain ont cherché à lever des fonds aux États-Unis pour financer son entreprise criminelle violente, à l’origine d’une grave crise sécuritaire en Haïti », a déclaré John A. Eisenberg, procureur général adjoint à la Sécurité nationale. « La Division de la sécurité nationale ne tolérera pas la collecte de fonds par des gangs criminels sur le sol américain et continuera de traquer ceux qui alimentent la violence et l’instabilité en Haïti. »

Les bureaux extérieurs du FBI à Miami, Houston, Boston et Charlotte, ainsi que ceux du HSI à Washington et Miami, mènent l’enquête, avec le soutien du Bureau de l’alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs, de la Drug Enforcement Administration et de plusieurs procureurs fédéraux.

Après avoir été désignés comme « terroristes étrangers et mondiaux » par les Etats-Unis, le secrétaire d'Etat adjoint américain Christopher Landau a lancé le 5 mai dernier une sévère mise en garde tous ceux qui financent  les gangs en Haïti depuis les Etats-Unis. Il promet des poursuites contre ces individus.


Le secrétaire d’État adjoint américain avait  informé avoir discuté avec son homologue du département de la justice américaine autour de ce dossier.  Il avait annoncé la diligentation des enquêtes par la justice américaine.

«Le Département d'État a désigné les gangs violents qui déstabilisent Haïti comme des organisations terroristes étrangères. J'ai parlé hier avec mon homologue du département  de justice américaine qui annoncera bientôt d'importantes enquêtes sur ces activités. En résumé: si vous envoyez de l'argent et/ou des armes aux gangs haïtiens depuis les Etats-Unis, nous viendrons vous chercher. Nous ne permettrons pas que vous déstabilisiez Haïti depuis notre pays », avait déclaré Christopher Landau.


Par: Daniella Saint-Louis

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