PubGazetteHaiti202005

Six bureaux publics dont 4 Ministères attaqués à coup de gaz lacrymogène par des policiers protestataires

...


Le bilan des dégâts enregistrés pendant la deuxième journée de protestation des policiers est lourd. Des institutions publiques attaquées et au moins une vingtaine de véhicules immatriculés service de l'État et Officiel ont été vandalisés.

Des policiers du groupe “Fantôme 509”, se réclamant du syndicat de la Police Nationale d'Haïti (SPNH), ont organisé une nouvelle journée de protestation, ce mardi 10 mars 2020. Lourdement armés et accompagnés des membres de la population, les protestataires s'en sont pris aux Ministères de la Planification et de la Coopération Externe (MPCE) de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), des Affaires Sociales et du Travail (MAST) et au Ministère de l'Économie et des Finances (MEF).

Photo

Ils étaient près d'une centaine de policiers lourdement armés, la plupart en uniforme et encagoulés ont manifesté ce mardi dans les rues de Delmas, de Bourdon et de Lalue pour continuer à réclamer la réintégration de leurs confrères d'armes révoqués par le haut commandement, de meilleures conditions de travail et la reconnaissance d'un syndicat au sein de la police nationale. À un certain moment, certaines rues et routes de la capitale, dont celle de Delmas, étaient désertes. 

Après un rassemblement au carrefour de l'aéroport, les protestataires ont pris la direction de l'autoroute de Delmas avant de bifurquer vers Delmas 32 pour se rendre ensuite à Bourdon où ils ont pris d'assaut les locaux du Ministère de la Planification et de la Coopération Externe. Ils ont lancé des aérosols lacrymogènes en direction de l'institution, tiré en l'air pour faire sortir les employés. Les protestataires, en colère ont crevé les pneus de véhicules qui s'y trouvaient, puis cassé les pare-brises de ceux immatriculés service de l'État dans le parking du ministère; ce qui a provoqué une situation de panique dans la zone au moment où des élèves revenaient de l'école.

Acclamés par des membres de la population, ces individus s'identifiant comme des policiers ont attaqué tous les véhicules immatriculés service de l'État trouvés sur leur parcours et saisi les clefs de plusieurs camions dont ils s'en sont servi pour bloquer la circulation dans plusieurs artères de la capitale haïtienne. 

Arrivés à la rue capois, les contestataires ont tiré en l'air et lancé des aérosols lacrymogènes dans les locaux de la Direction Générale des Impôts, ce qui allait provoquer l'évanouissement d'une jeune fille qui fréquentait la zone.

À l'avenue Charles Summer, ils ont forcé les barrières des Ministères des Affaires Sociales, de la Justice, et du Ministère de l'Économie et des Finances, question de forcer les employés à vider les lieux, dans le cadre de l'opération baptisée : Fèmen Biwo Leta.

Photo

Après avoir intimé l'ordre aux journalistes qui assuraient la couverture de la journée de protestation d'éteindre leurs caméras, les policiers, se réclamant du SPNH, ont saboté les caméras de surveillance de ces institutions puis ont tiré en direction des voitures immatriculées SE et Officiel. Au MEF, une voiture qui serait celle du ministre de l'Économie et des Finances, immatriculée OF-0068, n'a pas été épargnée. Parallèlement, sur la chaussée, des barricades de pneus enflammés étaient érigées. 
Un comportement violent que les protestataires assument.

«La violence est la continuité de la démocratie lorsque les armes de la dialectique sont épuisées» a martelé un des protestataires, avançant qu'au début ils ont organisé plusieurs marches pacifiques mais que les autorités n'ont pas voulu entendre raison .

«Cette fois-ci, nous avons décidé de protester d'une autre façon, nous adoptons ce comportement violent pour forcer les autorités à entendre nos revendications» a-t-il poursuivi.


Notons que les protestataires ont annoncé qu'ils resteront mobilisés jusqu'à la satisfaction de leurs revendications et la réintégration des policiers révoqués par le haut commandement.

Après une réunion du CSPN ce mardi soir, les autorités ont finalement reconnu le droit des policiers de se syndiquer et annoncent la révision de la décison prise par le Haut Commandement de la police de révoquer les 5 policiers leaders du SPNH dont sa coordonatrice Yanick Joseph. Immédiatement après cette annonce, les policiers du groupe " Phantoms 509 " déclarent en prendre acte mais attendent qu'on passe de la parole aux actes. 

 

 

Kervens Adam PAUL

Category

Politique

Culture

Economie

Sport