Moins de 24 heures après l'appel à la trêve lancé par le premier ministre Joseph Jouthe, l'opposition dans sa forme multiple le rejette d'un revers de main. La plupart des dirigeants politiques, qu'ils soient modérés ou radicaux nient toute amitié avec le nouveau chef de gouvernement.
Le porte-parole du Secteur Démocratique André Michel dit n'avoir jamais rencontré Joseph Jouthe de sa vie et par conséquent ne l'a jamais serré la main. Sur les ondes de Magik 9, André Michel a rejeté du coup l'appel à la trêve lancé par ce denier. « L'année 2020 sera une année de combat m », annonce -t-il. ainsi, appelle-t-il, les les parties impliquées dans la lutte pour forcer Jovenel Moise à quitter le pouvoir à se rencontrer prochainement pour discuter de la phase finale de la bataille. « Avec la formation de ce gouvernement en dehors de toute entente avec ceux qui ont accepté peut-être de bonne foi de le rencontrer Jovenel Moise prouve une fois de plus qu'il n'est pas un homme de dialogue et de consensus mais de dissensus », dit-il .
Le leader de INIFOS, Paul.Denis l'un des principaux acteurs des dernières négociations à la nonciature apostolique est lui aussi très amer contre le président Jovenel Moise, qui, selon lui, est un bloffeur. Les masques sont définitivement tombés avec la décision du président de former de manière unilatérale un gouvernement alors qu'il était en pleine négociations avec un ensemble d'acteurs, d’après l’ex dirigeant de l’OPL.
Comme André Michel, l'ancien ministre de la justice sous René Préval dit n'avoir aucun lien d'amitié avec le premier ministre qui a affirmé haut et fort être l'ami de tous ceux qui sont dans l'opposition. « Je l'ai croisé récemment dans une reception et c'était la seule fois de toute ma vie », a réagi Paul Denis. Lui aussi rejette son appel à la trêve. Il lance un appel à la reprise de la mobilisation pour debarasser le pays du pouvoir PHTK.
Un autre acteur impliqué dans les dernières négociations avec le pouvoir Edgar Leblanc Fils a d'un ton modéré qu'on lui connait rejeté l'appel à la trêve du tout nouveau chef de gouvernement. « Nous n'avions pas été en guerre pourquoi une trêve », se demande le leader de l'OPL. Il n'est pas l'ami de Joseph Jouthe lui non plus. Par contre, il continue de croire en la possibilité de poursuivre le dialogue pour sortir le pays de la crise. Il regrette par ailleurs que le président ait choisi d'ignorer ceux qui ont accepté de discuter avec lui. « L'OPL continue de croire au dialogue comme méthode de résolution des conflits », conclu-t-il rejetant l'idée selon laquelle il serait frustré pour n'avoir pas pu obtenir des postes au cabinet ministériel.
Un acteur de la société Rony Desroches qui a joué un rôle dans les négociations déplore le fait que le président de la république ait passé outre des discussions pour choisir son premier ministre tandis qu'un accord était encore possible. « Cela ne va pas permettre de résoudre la crise », croit-il. Toutefois, il pense qu'une trêve est nécessaire pour éviter la déblacle du pays.
Si l'on tient compte du rejet en bloc de l'appel de l'amitié de Jospeh Joseph et de son appel à la trêve, on peut conclure que ce dernier aura du pain sur la planche quant on sait que l'une de ses principales missions est d'organiser les élections.
LA GAZETTE
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