Dans une note parue ce vendredi 28 avril 2023, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains enjoint aux autorités dominicaines d’exclure en toute urgence le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) Pierre Espérance de la liste des personnes « représentant une menace pour la République Dominicaine et interdites d'entrer » dans leur pays .
L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, un partenaire de la Fédération Internationale pour les Droits Humains (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dénonce la décision du gouvernement dominicain d'interdire le directeur éxecutif du RNDDH, Pierre Esperance de fouler le sol de l’île voisine.
À travers une note rendue publique ce vendredi, l’Observatoire dit « enjoindre aux autorités dominicaines d’exclure Pierre Espérance de cette liste et à mettre un terme à tout acte de harcèlement et de représailles à son encontre, ainsi qu’à l’encontre des défenseurs des droits humains ».
L'organisation rappelle « les harcèlements judiciaires dont est l'objet depuis quelques temps Pierre Espérance en raison de ses dénonciations de la connivence des autorités avec les bandits armés et des cas de corruption au sein de la magistrature haïtienne ». Elle souligne que « des individus impliqués dans la perpétration et l’organisation de massacres de populations civiles dénoncés par le RNDDH , ne sont ni arrêtés, ni poursuivis. Ils sont très influents au sein de l’actuel gouvernement de facto, et menacent Pierre Espérance ».
Par ailleurs, l'Observatoire dénonce « l’inscription arbitraire de Pierre Espérance sur la liste des personnalités représentant une menace pour la République Dominicaine ainsi que les restrictions à sa liberté de circulation et l’atteinte à son droit à l’honneur que cette inscription engendre, en ce qu’elle ne semble viser qu’à le réduire au silence et à le sanctionner pour ses activités légitimes de défense des droits humains ». Elle « rejette cette action du gouvernement dominicain qui, selon elle, stigmatise et menace l’intégrité physique et psychologique de Pierre Espérance qui, depuis l’apparition de son nom sur la liste, aurait vu les attaques à son encontre augmenter, notamment sur les réseaux sociaux où les incitations à attaquer les locaux du RNDDH et à s’en prendre à son directeur exécutif sont légion ».
La Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) et Ensemble Contre la Corruption (ECC) avaient exhorté à travers une note la semaine dernière « les autorités dominicaines à rendre publique sans délai la nature des accusations retenues contre Pierre Espérance et le RNDDH ». Toutefois, ces organisations ont souligné que « la République Dominicaine dispose pleinement de son droit de déterminer la nature de ses intérêts et d’en assurer leur défense. Mais, il ne lui revient aucunement la liberté d’être tutrice de la cause des droits humains en Haïti et d’être censeur de l’engagement pris par les organisations dudit Secteur ».
Par: Daniella Saint-Louis
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