PubGazetteHaiti202005

Interdiction d’entrer en République dominicaine : « c’est du n’importe quoi », réagit Volcy Assad

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« C’est du n’importe quoi? », telle a été la réaction ce matin du Président Directeur Général du Média en ligne Gazette Haïti News Volcy Assad  lors de son émission matinale, suite à la mesure prise par le président Luis Abinader lui interdisant d’entrée en République dominicaine, comme 38 autres personnalités haïtiennes. Le journaliste sénior qui « ne possède aucun bien ni de maison en territoire voisin », indique qu’il n’y a pas mis les pieds depuis au moins 16 ans.

 

Il fait partie de la fameuse liste des citoyens haïtiens interdits d’entrée en République dominicaine. Volcy Assad, PDG de Gazette Haiti News, ancien homme fort de l’opposition politique durant le régime du PHTK (Joseph Michel Martelly et Jovenel Moïse), se retrouve parmi les 39 Haïtiens figurant sur cette liste en compagnie du Directeur Exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains Pierre Espérance, l’ancien Premier ministre Evans Paul et d’autres citoyens « sanctionnés » par le Canada et les Etats-Unis.  

 

La nouvelle a eu l’effet d’une bombe et elle n’a pas manqué de faire la UNE des médias haïtiens. Fidèle à lui-même, Volcy Assad, sans langue de bois, a répondu au Président Luis Abinader.

 

« Quand j’ai appris la nouvelle, je me suis mis à rire », lance d’entrée de jeu Volcy Assad dans cette émission qu’il co-anime avec le journaliste Clinton Vital. « Je n’y ai pas mis les pieds depuis 16 ans. La dernière fois que j’y suis allé, je sortais des Etats-Unis d’Amérique, j’étais en transit. Je n’avais même pas mis les pieds dans les rues », explique-t-il.

 

L’ancienne figure de proue de l’opposition politique durant le régime du PHTK (Michel Joseph Martelly et Jovenel Moise) indique qu’il ne possède aucun bien ni de maison en République dominicaine, ni de famille. « c’est du n’importe quoi, l’interdiction faite par la République dominicaine de rentrer sur son territoire », assène Assad.

 

Il y a quelques mois, Volcy Assad a été refoulé par l'immigration américaine après avoir répondu à un ensemble de questions liées notamment à la politique. Il était censé retrouver ses proches pour participer à des funérailles. Cette situation était survenue au moment même où des vagues de sanctions s’imposaient à certaines personnalités politiques en Haïti. 

 

« Je me souviens avoir voyagé  seulement 3 ou 4 fois aux Etats-Unis malgré le fait que j’étais en possession d’un visa de 5 ans.  Cela m'est arrivé avec mes deux premiers visas. J’aime chez moi. Je suis un sédentaire. [ Bien que, Ndlr]  je ne peux pas dire que la révocation de mon visa américain ne me dérange pas parce que mes enfants sont là-bas », concède M. Assad.

 

Pourquoi ?

 

L’interdiction d’entrée en République dominicaine survient pour Volcy Assad à un moment où le journaliste s’est complètement démarqué du jeu politique pour se consacrer,dit-il, à sa mission de former des générations de journalistes. L’ancien membre du bureau de communication de la présidence sous René Préval n’arrive toujours pas à trouver des explications qui pourrait justifier la décision prise par Luis Abinader.

 

Selon le journaliste, depuis son élection à la tête de la République dominicaine, Luis Abinader ne cesse d’utiliser Haïti pour son capital politique. A plusieurs reprises, il a voulu enfiler un costume de Président de l'île. Des actions qui, rappelle-t-il, ont déplu à l’ancien Premier ministre intérimaire et ministre des affaires étrangères et des cultes Claude Joseph qui n’a pas manqué de le rappeler à l’ordre. 

 

Quelques mois après, pour s’attaquer à Claude Joseph, Luis Abinader a déclaré l’ancien haut fonctionnaire de l’Etat et actuel président du conseil stratégique de EDE « Persona Non Grata ».

 

« Depuis son élection, il est en difficulté. Il ne peut pas donner de résultats. Il a fait des promesses qui peinent à être tenues. Je me rappelle à plusieurs fois avoir dénoncé le racisme dominicain. J’ai donné aussi le micro à Claude Joseph et d’autres personnalités qui se révoltent contre la maltraitance dès ressortissants haïtiens. Je ne sais pas si c’est ce qui est considéré comme menace », se demqnde  Volcy Assad.

 

Depuis plusieurs mois, des rapports du Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR) a fait mention de situation infra-humaine infligée par les autorités dominicaines à des migrants haïtiens. L’organisation non gouvernementale fait aussi état de Dominicains expulsés en Haïti à cause de la couleur de leur peau.

 

De plus, la République dominicaine fait face à une chute de demandes de visa dans les consulats en raison du programme humanitaire de l’administration américaine en faveur de ressortissants de plusieurs dont les Haïtiens. « Un visa dominicain qui se vendait à 500 dollars américains est laissé maintenant à vil prix. Maintenant, les Haïtiens ne sont plus intéressés par la République voisine. C’est quand il n’y a plus de choix que les Haïtiens font le choix du territoire voisin », dit Volcy Assad.

 

“En quoi suis-je une menace ?”

 

Dans le décret présidentiel publié par Luis Abinader, il indique que ces 39 Haïtiens représentent de sérieuses menaces pour la sécurité intérieure de son pays. « En quoi suis-je une menace », rétorque Volcy Assad qui risque de ne jamais trouver de réponse à cette fâcheuse question. « En aucun cas je ne peux être une menace pour la République dominicaine ou n’importe quel autre pays », déclare Assad.

 

Des médias dominicains font croire que la liste des personnes interdites d’entrée en République dominicaine sont celles ayant été sanctionnées par le Canada et les Etats-Unis alors que certaines sanctionnées par les USA et le Canada ayant des investissements importants en République dominicaine n’y figurent pas. « Il y a Biggio », précise Assad.

 

« Cette décision ne me fait ni chaud ni froid », conclut le journaliste.

 

Il dit par ailleurs  mettre quiconque en défi de prouver qu'il avait déjà utilisé la violence en haiti dans sa lutte  pour le changement en Haïti depuis son adolescence. " Mon arme c'est la dialectique" . 

 

 

 
Par: Daniel Zéphyr

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