Les différents bureaux d’immigration ont été sous tension ce lundi 10 avril 2023, selon les constats de nos reporters dans les rues de la capitale. Même avec la fiche de Delidoc en main, le calvaire des demandeurs de passeport n’a pas pris fin. À certains endroits, des pneus enflammés ont été érigés « par des racketteurs ». Même des détonations ont été entendues.
La calvaire des demandeurs de passeport n’a pas pris fin même avec la plateforme de demande en ligne de documents d’identité connue sous le nom de Delidoc. Si le gouvernement a baptisé ce lundi comme le jour de la réception des demandes faites en ligne, les bureaux d’immigration n’ont pu recevoir qu’une poignée de demandeurs.
A Parc Sainte Therese, transformé il y a quelques temps en bureau d’immigration, des pneus enflammés et quelques barricades ont été érigés dans les parages. « Des racketteurs se sont emparés des fiches de demandes de certains citoyens pour empêcher le service », indique un riverain interviewé par Gazette Haiti News.
Selon l’agent intérimaire de la commune de Petion-Ville Kesner Normil, présent dans l’espace, ces pneus enflammés ont été dressés par des racketteurs qui veulent à tout prix boycotter le programme DELIDOC car ce dernier les empêche de soutirer de l’argent aux demandeurs de passeports.
« Ce bureau d’immigration n’a pratiquement pas fonctionné », précise l’agent intérimaire, intimant l’ordre à ses employés d’enlèver les carcasses de pneus étalés sur la chaussée. Selon nos constats, l’agent intérimaire a réussi à faire évacuer les racketteurs qui voulaient semer le trouble dans les parages.
« Les racketteurs nous demandent 50 000 à 60 000 gourdes pour le passeport. Si le programme DELIDOC arrive à tenir, il fera du grand bien à la population », a déclaré un demandeur de passeport.
Au bureau de l’immigration de la rue Lamarre, des dizaines de citoyens s’apparentant à des facilitateurs de demande ont troublé le service. Des détonations ont été entendues et des citoyens ont été appréhendés par la Police Nationale d’Haïti.
« J’ai un rendez-vous depuis le 7 avril, je pensais qu’aujourd’hui j’aurais pu le faire. Mais non. Je ne sais plus à qui m’adresser », déplore un demandeur de passeport. Il n’a pas réussi à effectuer sa démarche à la rue Lamarre car le fonctionnement a été troublé par certains racketteurs qui scandaient « la Delidoc n’a pas sa place ici »
Comme au Parc Sainte Therese, des pneus enflammés ont été dressés sur la chaussée. Des échauffourées ont été constatées entre la Police Nationale d’Haïti et des citoyens vus comme des racketteurs.
« Nous ne sommes pas d’accord avec la plateforme en ligne. Ce sont les petites bourses qui en paient le prix. Elles n’ont pas d’internet et d’électricité pour remplir le processus », dénonce un des opposants au service en ligne lancé il y a plus d’une semaine par le gouvernement haïtien via le ministère de l’intérieur.
Certains des protestaires se disent contre les responsables du bureau de l’immigration de la Rue Lamarre qui interdisent l’entrée aux citoyens n’ayant pas la fiche en ligne de la DELIDOC. « C’est incompréhensible qu’on interdise l’entrée à ces citoyens qui dorment devant les parages du bureau de l’immigration », déclare un des protestataires.
Depuis le lancement de la plateforme DELIDOC, le gouvernement a lancé une campagne de communication sur la plateforme tout en annonçant qu’à partir du lundi 10 avril 2023 les bureaux de la Direction de l'Immigration et l'Émigration ne recevront plus de rendez-Vous. « Les demandes de rendez-vous se feront uniquement sur la Plateforme de Demande en Ligne de Documents d'Identité (DELIDOC) », avait déclaré le directeur de l'Office National d'Identification (ONI), Reynold Guerrier à l'émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad » mardi 4 avril dernier.
La situation est actuellement tendue dans les bureaux de l’immigration. Entre-temps, le calvaire des demandeurs de passeports continue.
Par: Daniel Zéphyr
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