Six représentants des agences d'aide de l’Organisation des Nations Unies et des Organisations non Gouvernementales internationales étaient en mission en Haïti pendant deux jours, selon ce qu'a annoncé l'ONU le samedi 19 mars 2023. Lors de cette mission, elles disent constater la détoriation de la situation humanitaire en Haïti et ont lancé un appel urgent pour un accès humanitaire et des ressources accrues afin de fournir une aide aux populations désespérément dans le besoin.
« La situation humanitaire en Haïti se détériore de jour en jour en raison d’une spirale de violence, d’urgences liées à la protection, aux droits de l'homme, et à l’insécurité alimentaire, ainsi que d’une épidémie de choléra », ont averti les six représentants des agences d'aide de l’ONU et des ONG internationales, à l’issue d'une mission de deux jours dans le pays.
« Nous ne pouvons pas laisser Haïti devenir une crise oubliée », a déclaré Tareq Talahma, le Directeur par intérim de la Division des opérations et du plaidoyer du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
Au cours de leur mission les six représentants des agences d'aide ont rencontré des personnes affectées par la crise humanitaire, ainsi que des partenaires locaux et internationaux. Ils se sont également entretenus avec le Premier Ministre Ariel Henry et d'autres hauts responsables gouvernementaux.
La délégation s'est également entretenue avec des représentants des communautés des zones contrôlées par ou sous l’influence de gangs armés.
« Nous avons apprécié les discussions franches, honnêtes et parfois délicates avec les personnes affectées par les multiples crises dans ce pays, les membres du gouvernement, les responsables de l'ONU et les ONG nationales et internationales », a déclaré Mark Smith, Vice-Président des affaires humanitaires et d'urgence de World Vision.
Selon les représentants des agences, « l'influence des gangs armés croît de manière exponentielle dans la capitale, Port-au-Prince, et au-delà, y compris dans le département de l'Artibonite, le grenier à blé du pays ».
« La population est désespérée, mais j'ai aussi vu la résilience et le potentiel des femmes et des filles qui veulent aider à construire un avenir meilleur pour leur pays, leurs communautés et leurs familles », a déclaré Shoko Arakaki, la Directrice de la Division de la réponse humanitaire de l'UNFPA, l'agence des Nations Unies chargée de la santé sexuelle et reproductive.
« Elles ont besoin d'urgence d'un soutien sanitaire et psychosocial, mais aussi de moyens de subsistance et d'une autonomisation économique pour se reconstruire », a-t-elle ajouté.
Une dégradation « sans précédent »
« La dégradation des besoins humanitaires en Haïti est sans précédent », a affirmé la cheffe de la section d'appui humanitaire sur le terrain de l'UNICEF, Sara Bordas Eddy. « Ce dont un enfant haïtien souffre aujourd'hui n'est pas comparable à ce dont un enfant haïtien souffrait il y a quelques années ».
Selon l’UNICEF, les humanitaires arrivent à « trouver des moyens d'atteindre les populations dans le besoin, y compris dans les zones contrôlées par les gangs armés ».
Toutefois, ils avertissent que « pour que cela se produise de manière durable, nous avons également besoin que la communauté des donateurs n'abandonne pas Haïti ».
Dans un communiqué daté du 17 mars, la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire ( CNSA) a alerté que 4,9 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë et nécessitent urgemment une assistance humanitaire pour la période de mars à juin 2023. Une hausse de 48% à 49% est enregistrée par rapport à la projection. 15 zones sur 32 analysées se retrouvent dans une situation d'urgence, dont le Haut Plateau et ses prolongements dans le Nord et l’Artibonite, le Nord-Est, le Nord-Ouest, 3 communes de la zone métropolitaine les plus affectées par les activités de gangs armés (Cité Soleil, la commune de Port-au –Prince entre autres, selon les résultats de la mise à jour de l’analyse projetée du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC).
Par: Daniella Saint-Louis
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