PubGazetteHaiti202005

Livraison de Blindés: Haïti accuse, l’entreprise canadienne INKA rétorque

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Dans une entrevue accordée à l’émission Panel Magik de la radio Magik 9 lundi dernier, la ministre de la justice et de la sécurité publique Emmelie Prophète Milcé a indiqué que la majorité des blindés commandés et payés par le gouvernement haïtien au Canada ne sont pas encore livrés en Haïti. La ministre a.i. de la Justice et de la Sécurité publique, a regretté que « le fournisseur n’ait pas respecté sa parole ». Dans une entrevue accordée au journal Le Devoir, l’entreprise INKA a rétorqué.



Il s’agissait d’une commande de 18 véhicules blindés de la PNH qui tarde à être complétée. Sur Magik 9, la ministre de la justice a fustigé le comportement de la compagnie canadienne INKA qui, selon elle, n’a pas tenu parole. Pourtant, elle a été payée en totalité.



« Le fournisseur n’a pas respecté sa parole et jusqu’à présent nous n’avons pas encore reçu l’ensemble du matériel qui a été commandé. D'ailleurs la police avait établi une stratégie pour libérer une série de zones, mais cette stratégie a été élaborée avec le scénario que tous les blindés seraient livrés. La police a besoin de ce matériel, mais malheureusement, il n'est pas encore livré », avait déclaré Emmelie Prophète Milcé à Panel Magik.



Cette stratégie a complètement impacté sur le travail de la Police Nationale d’Haïti, selon Mme Milcé, qui soutient que le plan de la Police Nationale d’Haïti pour enrayer le phénomène était axé sur cela.

« C’est clair que la police pourrait mettre en œuvre sa stratégie si tous les blindés étaient livrés à temps comme c'est stipulé dans le contrat signé avec le fournisseur », a soutenu la ministre a.i. de la Justice et de la Sécurité publique.



Hier mercredi, dans une entrevue accordée au journal Le Devoir, l’entreprise Torontoise qui fabrique ces véhicules résistants aux mines et protégés contre les embuscades affirme qu’elle travaille aussi vite qu’elle le peut pour aboutir à l‘opération. « Les déclarations faites par une personne qui est nouvelle à son poste ne sont pas nécessairement fidèles à la réalité », a déclaré Eugène Gerstein, un directeur associé d’INKAS cité par le journal Le Devoir.



Dans cette entrevue, M. Gerstein a soutenu que quatre « sortiront sous peu » et qu’environ quatre autres sont « prévus quelques semaines après ». Il a aussi souligné que son entreprise avait fait don d’autres véhicules à Haïti, tels que des véhicules blindés de transport de troupes, d’une valeur d’un million de dollars.



L’ancien officier militaire a indiqué qu’il y avait deux raisons principales aux retards. Tout d’abord, selon lui, les responsables haïtiens continuent de changer d’avis sur les modifications, en particulier en ce qui concerne la meilleure façon de protéger la partie supérieure des véhicules contre les tirs venant d’en haut. L’autre problème qu’il a signalé concerne les chaînes d’approvisionnement, en particulier celles des faisceaux de câbles.



Selon le journal Le Devoir, M. Gerstein a déclaré que la Police nationale d’Haïti « avait ruiné l’un des nouveaux véhicules en passant de deux à quatre roues motrices, ce qui a bloqué le différentiel. »



Entre-temps, la Police Nationale d’Haïti se montre de plus en plus impuissante face à la fureur des gangs qui ne cessent d’accaparer des territoires. La situation est hors de contrôle. La population est aux abois.


 

 

Par: Daniel Zéphyr

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