PubGazetteHaiti202005

L’OPC dénonce les traitements « inhumains » infligés aux demandeurs de passeport

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L’Office de la protection du citoyen (OPC), dans une note datée du 13 mars 2023, a exprimé ses préoccupations face aux traitements « dégradants et déshumanisants » dont sont objet les demandeurs de passeport. Dans la mêlée, l’OPC se dit porter partie civile dans le but d’accompagner les victimes dans les démarches légales.

Cette note de l’office de protection du citoyen montre la situation des demandeurs de passeports au niveau des bureaux d’immigration du pays. L’institution dit constater que depuis l'annonce des nouvelles mesures migratoires de l'Administration Américaine, des milliers d'Haïtiens se sont massés le jour comme la nuit devant les différents bureaux du Service de l'Immigration et de l'Émigration afin de produire une demande de passeport.

« Malgré la mise en place des bureaux dans certains espaces publics, des centaines de contribuables peinaient à accéder aux sites. L'inaccessibilité et l'inefficacité des services ouvrent la voie à toutes les formes d'exploitation, d'extorsion et de chantages », alerte l’OPC, précisant que ces demandeurs sont victimes de bastonnades et d'escroquerie pour des services auxquels ils ont droit. 


« Des incidents regrettables ont été enregistrés notamment dans les bureaux de Pétion-Ville, de Tabarre, et de Delmas. Des pertes en vies humaines ont été documentées. Plusieurs sources dénoncent les mauvais comportements des agents de la Police Nationale d'Haïti pour leur implication dans plusieurs exactions et dérapages. L'OPC est en mesure de confirmer que la situation n'est pas différente dans les régions », détaille l’OPC.

L’institution révèle que sur la base des actes illégaux, le prix du passeport peut varier entre cinquante et soixante-quinze mille gourdes. « Des agents de l'Immigration se seraient impliqués dans de telles pratiques qualifiées de déloyales et méchantes », dit-elle.

Par conséquent, l'Office de la Protection du Citoyen fait appel au Chef de l'Administration Publique et Ministre ai de l'Intérieur et des Collectivités Territoriales (MICT), au Directeur Général de la Police Nationale d'Haïti (PNH), au Directeur de l'immigration et de l'émigration, afin que des dispositions soient adoptées pour permettre l’accès aux Services de l'Immigration et de l'Émigration « dans les conditions respectant la dignité humaine. »


Parallèlement, l'OPC plaide pour la mise en place d’une Commission d'Enquête en vue d'enquêter et de statuer sur les diverses allégations et révélations relatives aux pratiques d'extorsion et de corruption impliquant des agents de la PNH et des Services de l'Immigration à toutes fins utiles.

« Déjà l'OPC se porte comme partie civile dans le but d'accompagner les victimes dans leurs démarches légales contre les agents de l'administration fautifs d'abus, de leurre, d'escroquerie, d'associations de malfaiteurs et tous autres crimes ou délits punis par la loi et contraires au respect des Droits et Libertés individuels », conclut le communiqué.

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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