PubGazetteHaiti202005

Haïti-Migration : la République dominicaine viole systématiquement le Protocole d’Accord sur les mécanismes de rapatriement, dénonce le GARR

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Les migrants haïtiens en République Dominicaine font face à de sérieux problèmes. En moins de deux semaines le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a accueilli plus de 1700 migrants dont 76 enfants à la frontière haitiano-dominicaine. Ils ont été arrêtés, mis en détention et rapatriés par les autorités dominicaines. Le comportement des autorités dominicaines est contraire au Protocole d’Accord signé entre les deux Etats en décembre 1999 sur les mécanismes de rapatriement, regrette Joseph Mike Lysias responsable de Communication du GARR.

La situation des migrants haïtiens en République Dominicaine est de plus en plus lamentable. Selon le responsable de Communication du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés, Joseph Mike Lysias, invité à l'émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad », ce lundi, les autorités dominicaines violent pratiquement les 8 points qui constituent le fondement de cet Accord signé entre l’ancien président haïtien René Garcia Préval et l’ancien président dominicain Léonel Fernandez. 

Dans le cas de violation des droits humains, après avoir maltraité les migrants, souvent les autorités dominicaines ne les rapatrient pas dans les points frontaliers officiels, rapporte Joseph Mike Lysias. « Les femmes enceintes subissent de mauvais traitements avant d'être rapatriées. Parfois, elles sont souvent tabassées par les agents de migration, selon les témoignages d’une victime qui n’a pas voulu se faire photographier par un agent »,  continue-t-il tout en insistant que l’article interdisant les rapatriements nocturnes et celui exigeant  les rapatriements à destination du territoire haitien exclusivement aux postes frontaliers officiels sont tous violés.

La tâche du GARR se trouve de plus en plus compliquée quant à la prise en charge des migrants. « Très souvent, la République Dominicaine rapatrie les migrants durant la soirée. A ces heures, il n’y a pas de présence d'autorités haïtiennes aux frontières. Parfois, les moniteurs de GARR basés sur les frontières, surtout à Belladère, n’ont pas connaissance de ces cas de rapatriement », se plaint-t-il.
 
Les migrants ne devraient pas se faire rapatrier avant 8h PM ni après 4 heures de l'après-midi, selon le protocole, alors que les autorités dominicaines ne prennent pas en compte ce point du Protocole en déportant parfois vers les 10 heures du soir des haïtiens, rapporte Joseph Mike Lysias.

Ces exactions, ces agissements des autorités dominicaines et le caractère massif de ces rapatriement viole « le principe des rapatriements collectifs inscrit dans la Convention Interaméricaine des Droits de L’Homme dont la République Dominicaine est siganture », indique le GARR dans un document publié en 2009 concernant les 10 ans de l’Accord Preval-Fernandez sur les rapatriements.

Selon Joseph Mike Lysias, les autorités haïtiennes ne réservent pas d'espace et de centre pour accueillir les migrants. À Belladère, ce sont des organisations de la société civile et le GAAR qui prennent en charge, dit-il, dans la mesure du possible les migrants venus de la République Dominicaine.

« Les agents de l’iimgration extorquent les migrants haïtiens. Ils leur prennent des bijoux et exigent des rançons pour les libérer. Ils se servent du rapatriement pour faire du commerce », dénonce le responsable de communication du GARR.

 

Par: Billy Doré

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