Lors de la cérémonie de collation de diplôme de la cinquième promotion de l’Université de la Fondation Aristide (UNIFA), dimanche 13 mars 2022, l’ancien président de la République, Dr Jean-Bertrand Aristide, dans son discours, prononcé sous les ovations d’un public de plusieurs centaines de personnes, s’est exprimé sur la crise multidimensionnelle qui sévit dans le pays. Il affirme que seule une prise de conscience pourra être la solution.
Du climat d’insécurité généralisé à la volonté de l’équipe en place d’organiser les élections dans la conjoncture actuelle, Dr Aristide, durant son allocution, de plus d’une demi-heure, a fustigé le comportement des responsables de l’État.
L’insécurité un mal profond
Alors que le pays sombre chaque jour un peu plus dans l’insécurité généralisée caractérisée notamment par une hausse des cas d’enlèvement contre rançon, pour le leader du parti politique Fanmi Lavalas, « ce mal profond » est le fruit de l’incompétence des dirigeants.
« Chaque jours, de Tabarre, Croix-des-Bouquet, Cité Soleil, Lassaline, Bel-air, Martissant, Grand Ravines à Carrefour, de Port-au-prince à Pétion-Ville ou partout à travers nos dix départements, jaillissent les signaux lumineux d’un tableau hideux, écœurant et révoltant. Le génocide d’Haïti », constate Dr Aristide qui croit que « Face à cette agonie collective, les éducateurs ont un devoir impérieux de contribuer à l’éveil de la conscience nationale, difficile mais possible ».
L’éveil de la conscience sociale, une nécessité
Face à la décente aux enfers que connaît le pays actuellement, Jean-Bertrand Aristide a fait appel à l’éveil de la conscience collective.
« Si nos ancêtres n’avaient pas de conscience sociale, nous serions encore dans l’esclavage ».
« L’esclavage mental et le coloniavirus se propagent au quotidien. Nos frères et sœurs affectés par ces pathologies sociales se bercent d’illusion de liberté. Plus le cerveau est psychologiquement enchainé plus on s’incline aux pieds de nos oppresseurs en rejetant la main de nos libérateurs », a martelé l’ancien président, évoquant des « agents pathogènes du néocolonialisme qui ont toujours cultivé l’art d’anesthésier la conscience des esclaves mentaux, une pratique qui peut durer longtemps chez les délinquants auto proclamés bandits légaux ».
Le moment de changer de direction
Alternant les paraboles dans son discours, le leader emblématique de « Fanmi Lavalas » a appelé à un changement de direction dans le pays. Selon lui, le chemin du changement passe inévitablement par une rupture avec les pratiques du régime actuel.
« Imaginons que notre maman, Haïti, soit dans une ambulance stationnée au carrefour de la conscience, à gauche il y a la route du changement qui mène à l’hôpital et à droite il y a la route qui mène au cimetière, le propriétaire du cimetière est toujours vêtu de blanc et le baron du cimetière est toujours vêtu de rose, quelle route l’ambulance doit-elle prendre ? », s’est-il interrogé avant de préciser qu’il faut prendre la route du changement.
« Quand nous serons sur la route du changement nous pourrons passer à Martissant sans crainte, nous pourrons circuler dans un pays sans gangs armés, sans chômage, sans misère…», a-t-il déclaré, assurant que « la clé du changement du pays n’est ni entre les mains des blancs, ni dans la poche de qui que ce soit mais entre les mains de tous les Haïtiens ».
Les élections sont impossibles dans le contexte actuel
Alors que le gouvernement manifeste sa volonté de lancer la machine électorale, Jean Bertrand Aristide y a exprimé son désaccord.
« Tous les pouvoirs qui n’ont pas de pouvoir pour mettre fin à l’insécurité méritent un vaccin de conscience, tous ceux qui veulent nous traîner dans des élections, sélection, avant d’établir la sécurité méritent un vaccin de conscience », a-t-il soutenu.
Pour parler de l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse, sans mentionner son nom, Jean-Bertrand Aristide, a choisi la parabole:
« Tèt chat sa tèlman bwèl lèt mwen yo, mèt chat la manje chat la, menm moun fou sezi ».
Aussi, a-t-il fait savoir « Tous les complices de ce crime organisé qui a plongé douze millions de personnes dans cet enfer méritent le vaccin de conscience ».
La sortie de l’ex président Aristide n’a pas plu aux Jovenelistes, en particulier, à l’ancien premier ministre a.i, Dr Claude Joseph qui a répondu tout aussi en parabole en traitant le patron de Fanmi Lavalas d’ « ingrat » pour « avoir bénéficié d’un passeport diplomatique » pour aller se faire soigner à Cuba après avoir attrapé le coronavirus.
« Ala Chat te bon Chat. Li bay Rat paspò diplomatik pou sove lavi l ki t ap depafini ak kolonyaviris. Koulye a granmèsi chen se kout baton, sa se engraTITID. Si chat te nayif konsa jiskaske mèt li mete ak lòt gro RAT pou manje l, gen lè chat la se te yon ti mouton.
#JISTIS », a-t-il asséné à Aristide dont les partisans rappellent qu’ « il s’agit d’un privilège prévu par la loi, attribué aux anciens chefs d’Etat ».
Par: Kervens Adam PAUL
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