La PAPDA a organisé, le vendredi 6 aout 2021, un atelier de réflexion avec plusieurs organisations paysannes autour du système alimentaire haïtien pour déboucher sur un forum contre celui du système des Nations Unies prévu pour le mois d'octobre. La PAPDA s'oppose à la démarche soutenue, dit-elle, par les gérants des grandes entreprises transnationales.
« La question de la faim est fondamentale. Le nombre des personnes en difficulté alimentaire est multiplié par 2, allant de 2 millions à 4 millions », a déclaré l'économiste Camille Chalmers, relatant qu'il faut définir « le rôle de l'économie paysanne dans le pays ».
Autre raison donnant lieu à cet atelier, c'est un avancé dans les préparatifs d'un forum national qui désapprouve « le forum mondial sur le système alimentaire des Nations Unies, car il est placé sous l'agenda des grandes entreprises transnationales », indique l'économiste.
« Nous précisons que nous sommes pas d'accord avec l'orientation prise par l'État sur la question. La question de la faim est également identitaire et économique », fait savoir le professeur qui explique que « l'insécurité alimentaire créée la dépendance alimentaire et il devient en ce sens difficile de construire le pays ».
« L’année dernière, le pays a battu un record en important 244 millions de dollars de riz des États-Unis, alors que nous avons la capacité de produire un riz de meilleure qualité. C'est une conséquence de la politique néolibérale », déplore Chalmers qui appelle à se débarrasser le pays du néolibéralisme.
15, 16 et 17 octobre sont les dates retenues pour le forum de la PAPDA afin de « réfléchir sur la politique agraire du pays et celle capable d'aider à sortir le pays de la question de la faim, en vue d'affirmer au niveau mondial le choix de la paysannerie et de la nation haïtienne », a fait savoir Camille Chalmers.
Lors d’un point de presse à Genève, Elisabeth Byrs, porte-parole du Programme Alimentaire Mondial, a fait savoir que « plus d’un Haïtien sur trois a besoin d’une aide alimentaire urgente dans les zones rurales et urbaines en raison d’une combinaison de la hausse des prix, d’une baisse de la production agricole et des troubles sociaux, qui ont fortement perturbé l’activité économique ».
Par: Juhakenson Blaise
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