PubGazetteHaiti202005

Les révélations de Pierre Espérance autour de l’assassinat de Jovenel Moïse 

@PierreEsperance

Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance a fait ce mercredi des révélations autour de l’assassinat de Jovenel Moïse à l'émission Vision 2000 à l'écoute. Il affirme que Jovenel Moïse n'était pas torturé comme on le fait croire. L'idée initiale n'était pas de le tuer. Vladimir Paraison est la personne à qui dernier coup de fil a été passé par l'ex président Moïse qui a appelé à l'aide à la fois le chef de la police Léon Charles, le responsable de l'USGPN, Dimitri Herard et le chef de l'USP, Jean Laguel Civil. Une quantité énorme d'argent a été retrouvé au domicile du président-defunt.

Si les organismes des droits humains n'ont pas encore soumis de rapport, Pierre Espérance du Réseau national de défense des Droits humains (RNDDH) détient un ensemble d'informations autour de l'assassinat du président Jovenel Moïse.


À l'émission Vision 2000 à l'écoute, M. Espérance affirme que Jovenel Moïse n'était pas torturé. Les dommages causés sur son corps sont dûs à la puissance du calibre. La police scientifique identifie 15 orifices de son corps, relate le directeur exécutif du RNDDH.

Selon Pierre Espérance, la version de la Première dame, Martine Moïse et ses enfants se contredisent.


Pierre Espérance reste convaincu que les mercenaires n'avaient pas de plan pour tuer Martine Moïse. 


Le militant des Droits humains regrette que la Première dame n'ait pas encore contribué dans l'avancement de l'enquête. Son audition à la DCPJ n'est pas différente de ce qu'elle a avoué au journal New-York Times, révèle le patron du RNDDH, soulignant que ni la DCPJ ni le FBI n'a eu la trace des documents dont a parlé Martine Moïse.


Entre autres révélations, M. Espérance explique que le président Jovenel Moïse a passé plusieurs jours loin du palais national avant son assassinat. Le cortège présidentiel y va sans Jovenel Moïse. 


« L'idée principale n'était pas d'assassiner Jovenel Moïse. La mission a changé quand le commando se trouve à l'intérieur du domicile de Jovenel Moïse. Tous les Colombiens n'avaient pas la même mission. L'idée était de faire un coup d'état », confie M. Espérance.


Jovenel Moïse s’est réveillé et a passé plusieurs coups de fil pour demander de l'aide. « Vladimir Paraison est la personne à qui le président Jovenel Moïse a passé le dernier coup de fil vers les 1h 46 du matin. Le chef de l'État a appelé à deux reprises le chef de la police Léon Charles. Il a appelé Dimitri Herard et M. Civil », retrace la police judiciaire.

Selon Pierre Espérance, le jour du crime, 10 mille dollars américains étaient disponibles pour créer le passage pour le commando après le méfait. « L'argent est transité dans deux banques en Haïti. Sanon, Badio et un responsable de la chaîne de sécurité du palais national se trouvent dans le même niveau de responsabilité. Ils ont eu une communication constante entre eux », informe-t-il, soulignant que les explications données par les 24 agents assurant la sécurité de M. Moïse ne sont pas justifiées. 


Après l'assassinat de Jovenel Moïse, un orthopédiste était appelé pour venir au chevet de Martine Moïse. Des hommes encagoulés lui ont dit que tout était sous contrôle, détaille Pierre Espérance. 


Des billets stockés chez Jovenel Moïse 


« Il y avait beaucoup d'argent dans le domicile de Jovenel Moïse. Les mercenaires ont emporté un sac rempli de billets de devise américaine. Ces billets n'ont pas été comptabilisés. Les résidents de la zone Jalousie ont amassé beaucoup d'argent après l'assaut des forces de l'ordre. Le juge de paix a trouvé 40 mille dollars et 116 mille gourdes en espèces sur l'un des concernés », raconte le directeur exécutif du RNDDH, qui dit n'être pas  étonné qu'il y ait 1 million de dollars dans le domicile du président Jovenel Moïse. 


« Martine Moïse est retournée au pays le 17 juillet. Un jour après, elle se rend à son domicile à Pèlerin 5. Elle était accompagnée du ministre Rockefeller Vincent, d'un juge de paix et du commissaire du gouvernement. Elle exige l'arrestation de Badio. Sûrement parce qu'elle détient des informations sur ce dernier. Martine a récupéré un autre sac d'argent stocké dans le domicile », avoue M. Espérance.


Par rapport à l'enquête, le directeur du RNDDH informe que 4 anciens colonels colombiens ont coopéré avec le FBI. « Le FBI a énormément aidé dans ce dossier en scrutant les téléphones, les ordinateurs et en traçant l'argent », évoque M. Espérance pour qui la DCPJ a besoin de temps pour finaliser l'enquête afin de remonter aux  auteurs intellectuels de ce crime.


Pierre Espérance explique que Samir Handal, sous le coup d'un mandat d'amener a été escorté par la police pour quitter le pays. Emmanuel Sanon a été arrêté chez lui.

Pierre Espérance souhaite par ailleurs que la lumière soit faite autour de ce dossier. Il dénonce la violation des droits dans le cadre de l'enquête. « Il y a violation des procédures. Il y a une orientation politique du dossier quand le commissaire du gouvernement émet des mandats d'amener contre plusieurs citoyens n'étant pas en situation de flagrance », regrette-t-il.

 

 

Par: Michelson Césaire

Politique

Culture

Economie

Sport