La Ligue haïtienne des femmes pour le renouveau (LIHFER) a présenté ce vendredi 28 mai 2021, dans un des hôtels de la capitale, sa proposition de sortie de crise et fixé en même temps sa position sur la crise actuelle du pays. En cette conférence, la Ligue a plaidé en faveur d'une totale intégration des femmes dans les démarches visant à résoudre la crise haïtienne.
La LIHFER avance que les crises à répétition ont conduit la société haïtienne à une situation de faillite généralisée, qui touche le pays particulièrement sur le plan socio-politique, économique, juridique, culturel et écologique. Selon la Ligue, il y a « une perte de confiance de la population dans la classe politique actuelle, qui est divisée et incapable de s'élever à la hauteur des impératifs de l'heure ».
Madame Pedrica Saint Jean, coordonatrice générale, parle aussi de « l'indifférence de la communauté internationale, indécise face à l'aggravation de la crise et réticente à l'idée de porter secours à un peuple visiblement en danger ». D'après la Ligue, « sans un dénouement heureux en toute urgence, cela peur aggraver la crise et attiser des conflits de plus en plus dangereux ».
Compte tenu de ces antécédents, la LIHFER croit que tous ceux et celles qui souhaitent le changement doivent faire entendre leur voix. De fait, « lors d'une rencontre le 20 avril 2021, la Ligue est sortie avec une proposition de sortir de crise en vue de faire preuve de l'implication des femmes dans la recherche de piste de solution aux problèmes que connaît le pays en ce moment », déclare Mme Anitaëlle Mécéjour.
Ces femmes et regroupement de femmes proposent d'entrée de jeu « un organe de médiation indépendante qui devrait être accepté par tous les protagonistes qui, via un accord politique, vont œuvrer en vue d'aboutir à la solution de la crise ».
Dans cet accord, selon la coordonatrice générale, si Jovenel Moïse continue à garder le pouvoir jusqu'en 7 février 2021 « il va falloir que les acteurs de la vie nationale se réunissent sur son éventuel départ pour un dialogue sans exclusion ». Dans ce dialogue, il faudra traiter, entre autres « la réédition des comptes des fonds publics dilapidés; répartition de la richesse nationale; un nouveau CEP selon la constitution; élimination du référendum; égalité des femmes dans tous les postes de décisions (plus de quota) [...] ».
Toutefois, si le président Jovenel Moïse laisse le pouvoir avant le 7 février 2022, Mme Pedrica Saint Jean explique qu’ « il faut définir les modalités de la mise en place d'un gouvernement de réconciliation nationale; une entente sur la conciliation du temps pour les prochaines élections; une feuille de route au gouvernement dans laquelle il aura à créer une commission pour la réparation des victimes des mobilisations antigouvernementale; un programme d'intégration socio-économique, création d'emplois réels et la relance de la production nationale; exécution d'un plan pour éradiquer l'insécurité et le kidnapping; et le renforcement des institutions des collectivités territoriales, etc. »
À l'horizon de cette proposition de la LIHFER, il y a des perspectives, disent les responsables. La secrétaire adjointe, Francesca Dagrin, soutient que « les femmes devraient jouer un rôle actif dans le processus de la médiation ». La Ligue, déclare-t-elle, prône « une nouvelle classe de leaders éclairés majoritairement avec les femmes ». Madame Dagrin appelle « les partis politiques à voir les femmes sur de nouveaux angles, les former à l'exercice de la prise du pouvoir à tous les niveaux ». Elle invite « les organisations de femme à renforcer leur travail au maximum pour une déconstruction sociale de la femme ».
Par: Juhakenson Blaise
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