PubGazetteHaiti202005

3 avril, journée nationale des femmes haïtiennes: des organisations féministes marcheront pour le respect de la constitution

SOFA

Des organisations féministes comme SOFA, DANTÒ, NÈGÈS MAWON et FANM VANYAN ont organisé une conférence de presse ce mercredi 31 mars 2021 au local de la SOFA dans le cadre des préparatifs de la journée nationale des femmes haïtiennes le 3 avril prochain. A cette occasion, ces organisations affirment que « la participation des femmes dans la lutte pour la démocratie, c'est la seule garantie pour construire un état de droit en Haïti. »

Les femmes revendiquent leur droit à l'espace public, à participer dans les processus démocratiques, et pour qu'elles soient de véritables citoyennes à part entière dans la société, indique la directrice de SOFA, Sabine Lamour qui croit que les femmes ont le droit d’intervenir sur toutes questions d’intérêt général qui se posent actuellement dans le pays. 

 « Nous décidons de parler sur les questions du référendum, de la constitution et d'une série de propositions, sur la question de la parité. Nous ne rejetons pas la parité en tant que l'idée mais nous la rejetons avec ce gouvernement parce que c'est une manœuvre pour nous endormir au même titre (qu'il l'a fait) pour les massacres, les actes de viols collectifs, les kidnappings sur les femmes », lance Lamour qui explique que la parité qu'offre ce gouvernement est un concept « creux » et qu'il peut la garder pour lui.

L'ensemble de ces organisations luttant pour le respect de la constitution racontent que si la constitution de 1987 doit changer cela se fera après que « (cette dernière) finisse par concretiser les promesses de la lutte populaire de 1986.»

La représentante de l'organisation DANTÒ, Tamas Jean Pierre, rappelle que « le 3 avril 1986, environ 30 000 femmes et féministes sont descendues dans les rues réclamant leur participation dans l'espace public comme actrices, capables de placer leurs mots concernant la direction que doit prendre le pays et de pouvoir travailler de bonnes conditions sans subir de chantages et de violences. »

C'est dans ce contexte, se souvient Mme Jean Pierre, que le 3 avril 1996, le mouvement des femmes et féministes a consacré le 3 avril journée nationale des femmes haïtiennes. « C'est une journée qui exprime la souveraineté du mouvement féministe pour réfléchir et poser des actions sur la condition des femmes dans le pays », a déclaré la militante.

Pour Gaëlle Bien-Aimé de NÈGÈS MAWON, la marche du 3 avril, c'est aussi pour condamner le soutien de la communauté internationale au dictateur Jovenel Moïse. « Nous marcherons pour dénoncer la politique de la communauté internationale qui dit supporter les droits des femmes en Haïti, et sanctionne la Chine qui, dit-elle, est un pays qui viole les droits de l'homme, alors qu'elle supporte un dictateur en Haïti qui pactise avec des gangs pour violer les femmes, les tuer et empêcher la population haïtienne de vivre dans la dignité. »
 
Manoucheca Jules, coordonatrice de FANM VANYAN, pour sa part, invite tous les secteurs de la vie nationale à participer à cette marche pour le respect de la constitution de 1987 et des droits des femmes haïtiennes. Selon elle, Jovenel Moïse ne peut pas faire ce qu'il veut de la constitution qui, soutient-elle, est un acquis démocratique de la génération 86.

 

Juhakenson Blaise

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