_« Les institutions de contrôle au cœur de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption », tel est le thème d’un symposium sur la bonne gouvernance organisé, ce mardi, au Centre de Convention de la Banque de la République à l’initiative de la Primature. Plusieurs membres du gouvernement ont pris part à cette activité aux cotés des responsables des institutions de contrôle notamment l’ULCC, l’UCREF, l’IGF et la CNMP._
Ce symposium sur la bonne gouvernance consiste en un espace de diagnostic et d’échange entre les participants en vue d’une meilleure compréhension des missions spécifiques des institutions de contrôle afin de mieux harmoniser la lutte contre la corruption, selon Franck Bonhomme, le coordonnateur adjoint de l’Unité d’Étude et de Programmation au Ministère de l’Économie et des Finances.
Le chef de l’État qui a présidé la partie officielle du symposium a présenté la corruption comme la principale cause des inégalités sociales dans le pays. Pour Jovenel Moïse, l’oligarchie et l’élite économique en sont les principales bénéficiaires. « La corruption est une menace au développement économique et à la stabilité du pays. Les ressources financières et économiques qui devraient être utilisées à des fins sociales sont détournées au profit d’une élite ou d’une oligarchie corrompue », a déclaré M. Moïse faisant remarquer que cette pratique va à l’encontre des intérêts de base de la société.
« Le sens de mon combat contre la corruption n’est pas de m’attaquer à la bourgeoisie pour l’empêcher de faire prospérer ses richesses, mais plutôt de faire en sorte que cela se fasse dans de bonnes conditions », a dit Jovenel Moïse indexant ceux qu’il appelle les ayants droits du système. Cette frange du secteur privé des affaires qui fixe, elle-même, le montant de taxes et impôts à verser à l’État.
Jovenel Moïse en a profité pour dénoncer une vaste campagne de communication orchestrée par ces gens qu’il dénomme « les héritiers du système corrompu » pour détourner l’attention sur les vrais corrompus du système en faisant ainsi passer les bourreaux pour les victimes. « La lutte contre la corruption est tellement complexe que vous ne savez même pas contre qui vous vous battez car, les corrupteurs ne sont pas clairement identifiés », se plaint le chef de l’Exécutif.
Est-ce pourquoi il invite tout un chacun à s’impliquer dans la lutte contre la corruption. Le combat contre ce fléau est l’affaire de tous, explique le locataire du palais national qui a salué cette initiative de la Primature qui a réuni tous les responsables des institutions de contrôle de l’administration publique. Il en a profité pour attirer l’attention de ces derniers sur la délicatesse de leur fonction les invitant à ne pas succomber à la tentation de la corruption et à cultiver le sens de l’intérêt collectif
D’un autre côté, Jovenel Moïse, épinglé dans un stratagème de détournement de fonds dans le cadre de l’enquête sur la dilapidation des fonds Pétro-Caribe, réitère sa détermination à poursuivre la lutte contre la corruption. Ce, en dépit du fait que celle-ci ait failli lui coûter la vie, a-t-il laissé entendre.
Par Diego O. Charles
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