Dans une note de presse publiée ce lundi 26 octobre 2020, la Direction Politique de l'Opposition Démocratique (DIRPOD) dément formellement avoir rencontré Jovenel Moïse pour négocier un quelconque accord politique comme l'avait affirmé le chef de l'État lors de son adresse à la nation le vendredi 23 octobre dernier.
Dans sa dernière adresse à la nation Jovenel Moïse a fait savoir qu’il était en pourparlers avec des membres importants de l'opposition sans pour autant citer de noms. Pour la Direction Politique de l'Opposition Démocratique (DIRPOD), avec un tel discours, Jovenel Moïse a démontré qu’il n’a pas pris toute la mesure de la gravité de la crise politique dans laquelle sa gouvernance catastrophique a plongé le pays.
«Une fois de plus, comme il l’avait fait avec la représentante des États-Unis d’Amérique auprès des Nations-Unies, il a cherché à induire la population en erreur en affirmant qu’il négocie depuis trois mois un projet d’accord avec l’opposition. Les structures politiques formant la DIRPOD qui mènent depuis longtemps le combat pour remettre notre démocratie sur les rails, opposent un démenti formel à la déclaration de ce président. Aucune négociation, autour d’un quelconque accord n’est actuellement en discussion avec la présidence. Aucun parti membre de la DIRPOD n’a été contacté et n’a pris part à aucune rencontre avec le Président de la République», ont écrit les membres de la Direction Politique de l'Opposition Démocratique dans cette note portant la signature de Génard Joseph, Nenel Cassy et de Kenol Mathieu.
Par ailleurs, la nouvelle structure de l'opposition voit très mal la volonté de Jovenel Moïse de vouloir doter le pays d'une toute nouvelle constitution par voie de référendum.
«La DIRPOD tient à rappeler au Président Moise qu’il a prêté le serment solennel de respecter et de faire respecter la Constitution et que de ce fait il se rend parjure et commet un crime de haute trahison en prétendant vouloir changer la constitution qu’il prend un malin plaisir à violer. Affirmer qu’il entend voir sa nouvelle constitution avant la tenue des élections pour se rétracter ensuite le
lendemain, constitue une preuve supplémentaire du peu de confiance que l’on peut accorder à la parole de ce président. La question des modifications à apporter à notre constitution est l’un des points essentiels qui figureront dans l’agenda de la Conférence Nationale. La DIRPOD souligne à l’attention du Président que la Constitution ne lui donne aucun autre droit que ce qui y est prévu. De plus elle stipule en son article 134.2 que son mandat prend fin le 7 février 2021», a poursuivi la Direction Politique de l'Opposition Démocratique conseillant au chef de l'État de mettre à profit les 105 jours qui lui restent à passer au pouvoir pour « restaurer l’autorité de l’État, ramener la sécurité sur le territoire, mettre un terme aux kidnappings et poursuivre les dilapidateurs du fonds PetroCaribe et les assassins des massacres de Lassaline, du Bel-Air, de Carrefour-feuilles, du Bâtonnier Monferrier Dorval, de l'étudiant Gregory Saint Hilaire, Elias Eric DIOGÈNE dit Ricot entre autres», au lieu de piétiner la Constitution qu’il a juré́ d'appliquer et de faire respecter.
La DIRPOD a réitèré l’urgence pour les démocrates haïtiens de s’entendre en vue de remettre le pays sur les rails de la Démocratie.
«Un dialogue sérieux sans faux semblant et sans exclusion entre ceux qui veulent réellement un retour au fonctionnement normal des institutions est indispensable», a reconnu la DIRPOD.
Par Kervens Adam PAUL
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