Dans une lettre adressée à l’ambassadrice américaine en Haïti Michel J. Sison, la députée démocrate, membre du Black Caucus l’invite à utiliser son expérience diplomatique et son son influence auprès du gouvernement haïtien pour s’opposer à des élections dans les conditions prévues. “ Pourtant au milieu du chaos et de cette violence, le gouvernement haïtien dirigé par le président Jovenel Moise lance des élections déjà perçues comme illégitimes et inconstitutionnels », écrit-elle.
Elle rappelle au représentant du gouvernement américain en Haïti que la constitution haïtienne prévoit la façon de former un CEP. Il doit être composé de 9 membres représentant différents secteurs de la société haïtienne à savoir les églises catholiques et protestantes, les organisations de droits de l’homme, l’université et le secteur privé. Tous ces secteurs ont boudé l’invitation du pouvoir à y participer. Elle rappelle aussi que lorsque les membres du CEP passé devaient démissionner ils avaient clairement appelé le pouvoir à entamer un dialogue en vue d’un large accord autour des élections.
Maxime Waters attire l’attention sur le fait que le président haïtien ait décidé de manière unilatérale de former et d’installer un CEP inconstitutionnel et dont la prestation de serment n’a pas été acceptée par la la Cour de Cassation, la plus haute instance judiciaire en Haïti. Selon la congresswoman, la démarche du pouvoir est d’autant plus inquiétante qu’il a donné mandat au CEP déjà contesté, la mission d’organiser un référendum pour changer la constitution, une attitude qui rappelle étrangement le dictateur Papa Doc, dit-elle, à Michèle J. Sison considéré comme le plus grand soutien de Jovenel Moise.
Maxime Waters a d’un autre côté fait état des déclarations du Monseigneur Pierre André Dumas qui avait dénoncé un membre de l’actuel gouvernement l’accusant d’avoir tenté de le corrompre en lui proposant un poste de ambassadeur à Vatican moyennant la désignation par l’Eglise Catholique d’un représentant au Conseil Électoral Provisoire.
La violence qui prend ses droits dans le pays est aussi abordée par la députée démocrate qui, en mai dernier, avait envoyé une première correspondance dans laquelle elle avait exigé l’arrestation du chef de gang Jimmy Chérisier alias Babecue. Elle s’étonne que le gouvernement ne parvienne toujours pas à arrêter l’ex policier en dépit de son implication dans plusieurs massacres documentés par les organisations de droits de l’homme tels le RRNDH, le Human Rights et la DCPJ, dénonçant au passage les cas d’assassinats de Me Monferrier Dorval, de l’homme d’affaire Michel Saieh et du travailleur de presse Frantz Adrien Bony.
Elle a aussi dénoncé l’implication des forces de l’ordre dans plusieurs exactions sur la population et l’utilisation de la force excessive contre des manifestations populaires.
Par Jose Emmanuel
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