Dans un rapport accablant sur le massacre perpétré au Pont Rouge par le groupe G9, le RNDDH dénonce les connivences du pouvoir avec cette organisation regroupant la majorité des chefs de gang de la zone métropolitaine.
Le RNDDH fait remarquer que ces derniers ont perpétré différentes attaques contre certains quartiers défavorisés de la Capitale dont Pont-Rouge, Chancerelles, La Saline, Nan Tokyo et Fort Dimanche, du 23 au 27 de mai dernier, sous le regard complice des autorités concernées.
« Pas moins de 34 personnes ont été tuées lors de ces attaques armées dont 3 mineurs et 6 femmes. 8 autres personnes en sont sorties bléssées contre 98 maisons incendiées, précise le RNDDH. Certaines des victimes ont été tuées et/ou blessées par balles, à l’arme blanche, à coups de pierre et de blocs par les membres de ces groupes armés dirigés par Serge Alectis alias Ti Junior, Iscar Andrice, l’ancien policier Jimmy Cherizier alias Barbecue, Mathias Saintil et Micanor Altes connu sous le nom de Monel Felix alias Roi Mikanò », conclut l’organisme de défense des droits humains. Il fait état d’« Au moins cinq véhicules blindés appartenant à l’institution policière qui ont été utilisés pour transporter les auteurs présumés des attaques ».
L’indifférence des autorités politiques face à cette situation témoigne de la volonté du président Jovenel Moise de contrôler les quartiers concernés en vue de se maintenir au pouvoir, ont expliqué certaines personnes interrogées par les enquêteurs du RNDDH dans le cadre de ce travail, toujours selon le rapport.
« Selon les responsables des commissariats et sous-commissariats avoisinant Pont Rouge, Chancerelles, La Saline, Nan Tokyo et Fort Dimanche, les attaques armées perpétrées du 23 au 27 étaient planifiées, en raison notamment de la nouvelle alliance G-9. En effet, tous les gangs armés dont les chefs n’avaient pas accepté de prendre part à cette alliance, s’attendaient à être attaqués », poursuit le rapport. Le RNDDH exprime, justement, de vives préoccupations face à l’installation de nouveaux chefs de gangs dans différents quartiers de la Capitale et plus particulièrement face à la création de la coalition de gangs armés dénommés G-9 et alliés ayant à sa tête notamment l’ancien policier Jimmy Chérizier alias Barbecue. L’organisation soupçonne au moins cinq policiers qui seraient de connivence avec M. Chérizier dans le cadre du G-9 et CO.
Le RNDDH exige donc que les autorités concernées cessent de protéger les bandes armées, qu’elles enquêtent sur les liens existant entre les gangs et des agents de la Police Nationale et d’assurer la sécurité des personnes vivant dans les quartiers défavorisés. Il recommande aussi que les autorités enquêtent sur les liens existant entre Jimmy Chérisier alias Barbecue et les policiers faisant partie des unités spécialisées de l'UDMO, de l'USGPN, de CIMO et de BOID; d'enquêter sur ses liens aussi avec certains policiers affectés au sous-commissariat de Delmas 3 et que des sanctions soient prises contre tous les agents de la PNH qui protègent Jimmy Chérizier.
Par Diego O. Charles
Lezec15@gmail.com
- Log in to post comments


