PubGazetteHaiti202005

Haïti Covid-19: contamination des détenus au Pénitencier national, le RNDDH sollicite l'intervention immédiate du CSPN.

Pierre Esperance, resp RNDDH

 

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), à travers une correspondance acheminée au chef du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) en date du 20 mai 2020 et dont Gazette a eu copie a fait état de la crise sanitaire provoquée par la Covid-19 qui touche actuellement la population carcérale haïtienne. Il a ainsi sollicité l'intervention immédiate du CSPN en vue d'endiguer l'épidémie du Coronavirus dans le plus grand centre de détention du pays.

La prison civile de Port-au-Prince, communément appelée Pénitencier national où sont incarcérés 3 555 prisonniers dont 405 d'entre eux sont condamnés, est pour l'instant frappée par la Covid-19. Inquiet de la situation de promiscuité dans laquelle vivent les prisonniers au Pénitencier, le RNDDH en tant qu'instance de défense des droits humains, écrit le premier ministre, à la fois chef du CSPN, pour attirer son attention. Selon la lettre du RNDDH, le 04 mai 2020, 49 détenus présentaient des signes de fièvre et de grippe. Les responsables de ladite prison ont appelé le Ministère de la Santé Publique et de la Population(MSPP) de leur venir en aide. Les autorités sanitaires appelées au secours, sont par la suite intervenus le 15 mai 2020 à la prison et ont decidé de tester 12 parmi les prisonniers malades. Les résultats de laboratoire remis aux responsables du Pénitencier national, ont relevé que plusieurs de ces détenus sont testés positifs.

 

Plus loin, le RNDDH a souligné à l'attention du chef du CSPN que dès l'apparition de la maladie au pays, la Direction de l'Administration Pénitentiaire(DAP) avait élaboré un plan stratégique pour éviter l'entrée de la maladie dans les centres carcéraux. Et aussi, d'empêcher la propagation de la maladie, en cas d'une éventuelle condamnation d'un(e) détenu(e). Mais, dit-il, "aucun suivi effectif n'a pas été donné à ce plan malgré toutes les mesures qui avaient été annoncées par les autorités étatiques en date 19 mars 2020". Au contraire environ deux mois plus tard, des cas d'infection à la Covid-19 sont recensés au plus grand centre carcéral du pays, a renchéri la correspondance.

En dépit de la contamination de plusieurs détenus au Pénitencier national, jusqu'ici, les responsables du MSPP ne prennent pas en charge les prisonniers malades. Également, ils n'adoptent aucune mesure pour protéger les détenus qui ne sont pas encore infectés, les agents(tes) de la DAP , le personnel de santé, ainsi que les autres travailleurs(euses)de la prison, a indiqué la lettre.

Le RNDDH en tant que structure qui s'engage toujours dans la lutte à faire respecter les droits humains en Haïti dit qu'il est persuadé que n'importe quelle maladie contagieuse peut se répandre rapidement en prison par rapport à la promiscuité dans laquelle sont soumis les détenus(es). En ce sens, le niveau de létalité de la Covid-19, dit-il, peut provoquer une hécatombe dans la prison car il y a beaucoup de détenus(es) qui manifestent des facteurs de comorbidité qui engendre leur vulnérabilité à la Covid-19, a-t-il ajouté.

Par rapport à tous ces faits évoqués plus haut, le RDDH a invité le chef du CSPN à élaborer une stratégie efficace pour éviter le pire dans la Prison civile de Port-au-Prince . Ainsi lui a-t-il recommandé de: Faire tester toutes les personnes qui étaient en contact avec les détenus atteints de Covid-19 ; Passer des instructions pour une bonne prise en charge médicale des detenus malades;

Octroyer des matériels et des produits adéquats pour l'assainissement de l'espace pénitentiaire ; Octroyer des matériels de fonctionnement aux agents(es) et au personnel médical affectés à la Prison civile de Port-au-Prince : gants, masques spéciaux, lunettes de protection, blouses spéciales;

Limiter la circulation des personnes, ainsi que la réception des produits et nourriture de la part des parents des détenus incarcérés à la Prison civile de Port-au-Prince ;

Renouveler régulièrement les stocks d'aliments pour une période minimale d'un mois et de manière à permettre de diversifier la nourriture offerte aux détenus à la Prison civile de Port-au-Prince ;

Adopter des mesures concrètes en vue d'éviter la propagation de la Covid-19 dans les autres carcéraux du pays.

 

Par Marc Wisly HILAIRE

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