L’Office de la Protection de la Citoyenne et du Citoyen dénonce le comportement irresponsable des autorités concernées qui n’ont rien fait pour offrir un accompagnement aux familles ayant abandonné leurs logements à village de Dieu suite à l’ultimatum du ministre de la justice et celles qui s’y trouvent encore. Dans un rapport d’enquête sur la situation des habitants de Village de Dieu, l’OPC a appelé au respect des droits sociaux et économiques de ces compatriotes.
Avant l’ultimatum du ministre de la justice demandant aux habitants de Village de Dieu de vider les lieux pour éviter d’être victimes lors d’éventuelles opérations policières pour contrecarrer les bandits armés du Bicentenaire, la population de Village de Dieu était estimée à 30 000 personnes. Ces dernières vivotent dans des conditions extrêmement difficiles et inhumaines, selon les enquêteurs de l’Office de Protection de la Citoyenne et du Citoyen. La plupart des ménages n’ont pas accès aux services de base tels la sécurité, les soins de santé, des logements décents alors que le pain de l’instruction fait défaut, expliquent les investigateurs de l’OPC dans ce document de 11 pages rappelant que l’article 22 de la Constitution haïtienne en vigueur stipule que : « L’Etat reconnait le droit de tout citoyen à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à la sécurité sociale ».
Traumatisée par l’Ultimatum de Me Lucmane Délile, de nombreuses familles du village, composées en grande partie de femmes, d'enfants, de personnes âgées, ont, sans destination, abandonné la zone, déplore l’OPC. « Cette migration involontaire, sans planification et sans présence de l’Etat, favorisera une détérioration de la situation de ces familles en cette période de confinement face à la pandémie du coronavirus. Peut-être qu’elles seront obligées de se réfugier sur les places publiques, et exposées à toutes formes de criminalité (vols, viols et agressions sexuelles) », pensent les responsables de l’OPC qui se disent favorables à un retour à la normale à l’entrée Sud de la Capitale. Mais cela doit se faire dans le respect des droits sociaux et économiques des habitants du village de Dieu qui sont pris en otage par des gangs armés, exige l’organisation.
Les dirigeants de l’OPC s’interrogent perplexes quant au sort des gens qui ont accepté de rester au village malgré vents et marées, faisant remarquer que leur situation est d’autant critique qu’ils sont dépourvus de tout principalement d’eau et de nourriture etc… Une dame dans la cinquantaine, interrogée par un enquêteur de l’OPC au moment de laisser le village avec deux enfants sur les bras dans l’après-midi du 27 avril a laissé entendre que « Mon garçon, mon départ ne dépend pas de moi mais je n’ai pas le choix. Je ne sais même pas encore où je vais passer la soirée avec les enfants… » Un autre, un jeune homme dans la trentaine qui accepte de rester au village a déclaré : « Nous habitons la zone depuis notre enfance. On n’a ni emploi ni moyens financiers pour louer une maison. C’est pour cela que nous sommes obligés d'y rester malgré tout sous la protection de Dieu… ».
L’OPC dit être dans l’attente d’une réponse du Premier Ministre Joseph Jouthe concernant une correspondance qu’elle lui a adressée le 28 avril dernier dans laquelle l’Organe étatique de défense des droits humains a fait appel au sens de responsabilité du Chef du Gouvernement afin que le dossier de Village de Dieu puisse être géré avec sérénité et perspicacité à travers notamment des réponses urgentes à apporter aux personnes déplacées et à celles se trouvant encore à Village de Dieu.
Entre temps, l’OPC exige que:
- le Premier Ministre, en tant que chef du Gouvernement, se prononce sur la situation à Village de Dieu et adopte des mesures d’accompagnement en faveur des familles ayant abandonné le village et celles qui s’y trouvent encore et de doter la Commission Nationale de Désarmement, Démantèlement et de Réinsertion, CNDDR, des moyens financiers lui permettant de répondre à sa mission de participer comme structure indispensable à une solution durable au problème sécuritaire que traverse Village de Dieu et ses localités avoisinantes.
- À La Ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes d'enquêter de concert avec la Ministre des Affaires Sociales et du Travail, sur la situation à Village de Dieu afin d’identifier les déplacés, les femmes et les enfants en situation de vulnérabilité dans une perspective de prise en charge socioéconomique.
- Au Ministre de la Justice et la Sécurité Publique d'envisager, à travers la Police Nationale d’Haïti, des mesures concrètes liées aux principes généraux de droits humains visant le démantèlement de tous les gangs armés en dehors de toute considération politique.
De passer des instructions à la direction de l’administration pénitentiaire nationale pour un contrôle plus rigoureux sur les chefs de gangs détenus dans des centres carcéraux qui sont toujours en contact avec leurs soldats pour passer des ordres ou définir des plans criminels.
Par, Diégo O. Charles
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