PubGazetteHaiti202005

Plaine du Cul-de-Sac : 30 blessés par balles ou lors de frappes de drones admis dans les hôpitaux de MSF

.

Entre le 18 et le 26 octobre 2026, Médecins Sans Frontières (MSF) a pris en charge 30 personnes blessées par balles ou lors de frappes de drones dans le cadre des opérations menées dans la Plaine du Cul-de-Sac. Parmi les victimes admises dans les hôpitaux de l’organisation à Tabarre et à Cité Soleil figurent des femmes et des enfants.

 

Dans un communiqué, Médecins Sans Frontières indique avoir soigné une trentaine de personnes blessées à la suite de l’intensification des violences dans la Plaine du Cul-de-Sac, notamment depuis la disparition de quatre ressortissants salvadoriens, membres de la Force de Répression des Gangs (FRG).

Face à cette situation, la cheffe de mission de MSF en Haïti, Davina Hayles, a exprimé sa vive inquiétude concernant les conséquences des affrontements sur les populations civiles.

« Nous sommes très préoccupés par cette recrudescence de la violence dans des quartiers densément peuplés de la capitale », a déclaré Davina Hayles.

« Parmi les victimes, nous avons accueilli de nombreuses femmes et des enfants ; il est bouleversant de les voir arriver dans nos hôpitaux, blessés par des tirs ou des explosions », a-t-elle ajouté.

L’organisation humanitaire appelle à la protection des civils et des structures médicales. Elle alerte également sur les difficultés croissantes d’accès aux soins de santé et à l’eau potable auxquelles sont confrontés les habitants de Port-au-Prince depuis l’intensification des affrontements, le 18 octobre dernier.

Selon les observations de ses équipes sur le terrain, les violences ont considérablement entravé les déplacements des patients vers les établissements de santé.

« Certains patients blessés par balle ont mis plusieurs heures à atteindre nos hôpitaux de Tabarre et de Cité Soleil », a expliqué Davina Hayles.

« Les routes et les ponts sont bloqués, et tout déplacement est extrêmement risqué. Dans une capitale où le système de santé s’est effondré et où de nombreux établissements sont fermés, il est primordial de garantir l’accès à des structures de santé opérationnelles, comme les nôtres », a-t-elle poursuivi.

Dans ce contexte, MSF exhorte « les autorités et toutes les parties prenantes à épargner les civils et à garantir l’accès aux structures de santé pour tous les blessés et les malades, sans distinction ».

L’organisation redoute également une aggravation de la crise humanitaire, notamment en raison de la poursuite des affrontements et de l’arrivée de renforts militaires internationaux.

« Nous craignons que ce conflit armé ne fasse encore plus de victimes et ne provoque davantage de déplacements de population dans les jours à venir, notamment avec l’arrivée de forces de sécurité internationales supplémentaires », a averti Davina Hayles.

La responsable a également souligné que les violences affectent directement le personnel humanitaire.

« Certains de nos collègues locaux ont eux-mêmes été contraints de quitter leur domicile pour trouver refuge dans les locaux de MSF. Il est impératif que les civils soient protégés et épargnés », a-t-elle insisté.

Renforcement de la présence militaire salvadorienne après la disparition de quatre ressortissants

Depuis le dimanche 18 octobre, les opérations sécuritaires se sont intensifiées dans plusieurs secteurs de la Plaine du Cul-de-Sac, à la suite de la disparition de quatre ressortissants salvadoriens présentés comme des membres de la Force de Fépression des Gangs (FRG).

Selon les informations rapportées, ces derniers revenaient d’un supermarché lorsque leur véhicule aurait été pris pour cible par des membres de groupes armés.

À la date du 28 octobre, aucune confirmation officielle de leur localisation n’a été établie dans les éléments disponibles.

Réagissant à cette disparition, le président salvadorien Nayib Bukele a adressé des avertissements aux groupes armés qu’il soupçonne de détenir ses compatriotes. Il les aurait notamment menacés de représailles s’ils ne les libéraient pas sains et saufs.

Parallèlement, les forces de sécurité ont intensifié leurs interventions dans plusieurs zones de la Plaine du Cul-de-Sac.

Un premier contingent de 100 militaires salvadoriens aurait été déployé en Haïti, avant l’arrivée d’un deuxième renfort portant leur effectif à 350 hommes.

Toutefois, selon des informations rapportées par le quotidien Le Nouvelliste, le nombre de militaires salvadoriens présents sur le territoire haïtien atteindrait désormais 1 300. Leurs équipements auraient été acheminés au cours des derniers jours à bord de trois avions.

Dans un contexte marqué par la multiplication des opérations sécuritaires, MSF réitère son appel à la protection des populations civiles et au maintien d’un accès sûr et sans entrave aux services médicaux.

 

 

 

Par Daniella Saint-Louis

Politique

Culture

Economie

Sport