Le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance, a vivement critiqué, lors d’une interview avec des journalistes ce mardi 21 juillet 2026, le fonctionnement de la justice et de la Police nationale d’Haïti. Il a dénoncé l’influence politique, la corruption et l’impunité, tout en mettant en cause la conduite de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Pierre Espérance a particulièrement ciblé le juge d’instruction Jean Denis Cyprien, chargé du dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse. Il a sévèrement critiqué l’audition de l’ancien président Michel Joseph Martelly, estimant qu’elle ne permet pas de faire progresser suffisamment la recherche des véritables responsables du crime. « C’est du théâtre, c’est de la démagogie et du brassage », a déclaré le directeur exécutif du RNDDH, qui accuse le magistrat de ne pas s’attaquer aux auteurs intellectuels et matériels de l’assassinat.
Le responsable du RNDDH a également renouvelé ses accusations contre Michel Martelly et le PHTK, qu’il accuse d’avoir exercé une influence sur plusieurs institutions de l’État. Selon lui, cette influence aurait contribué à affaiblir les mécanismes judiciaires et à favoriser l’impunité. Pierre Espérance affirme également que l’insécurité aurait servi à détourner l’attention de la population des dossiers de corruption, notamment celui de PetroCaribe. Il accuse par ailleurs l’ancien président d’être lié au financement de groupes armés.
Pierre Espérance a aussi mis en cause certains responsables de la Police nationale d’Haïti, affirmant que des membres du haut commandement auraient protégé des groupes armés. Il a notamment évoqué le cas de policiers de l’Artibonite qui auraient, selon lui, fourni des armes et des munitions à des gangs. « L’état-major de la police protège les bandits de Viv Ansanm », a-t-il affirmé, tout en faisant référence aux liens présumés entre certains responsables politiques et des chefs de gangs.
Le directeur exécutif du RNDDH a enfin dénoncé ce qu’il considère comme des tentatives d’intimidation contre son organisation. Il a critiqué une ordonnance attribuée au juge Jean Denis Cyprien visant, selon ses déclarations, son domicile et les locaux du RNDDH. « Nous ne sommes pas au-dessus de la loi, mais nous ne nous laisserons pas intimider », a-t-il martelé, assurant que l’organisation poursuivra son travail de défense des droits humains et de lutte contre l’impunité.
Le RNDDH appelle à une justice capable, selon lui, de faire toute la lumière sur les responsabilités dans ce dossier sans subir de pression politique.
Arnold Junior Pierre
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