Les structures poltiques qui avaient publié, le 4 juillet dernier, un communiqué dénonçant la gestion gouvernementale du processus électoral semblent déjà connaître leurs premières fissures. Plusieurs personnalités et structures ayant signé cette déclaration critique ont, plus tard, apposé leur signature à un communiqué daté du 11 juillet 2026 dans lequel elles expriment leur soutien au processus électoral et invitent les acteurs politiques à emprunter la voie des élections.
Dans le premier communiqué, les signataires affirmaient n’avoir « à aucun moment » été invités par le Gouvernement à participer aux consultations sur le décret électoral du 2 juin 2026. Ils soutenaient également que les échanges organisés autour de ce texte « ne sauraient être assimilés à une véritable consultation nationale » et accusaient le pouvoir de conduire un processus électoral non inclusif.
Quelques jours plus tard, plusieurs de ces mêmes acteurs adoptent toutefois un discours radicalement différent. Dans le communiqué conjoint daté du 11 juillet, ils estiment désormais que « le Décret électoral amendé du 2 juin 2026 marque une volonté réelle de l’État d’engager le pays dans un processus de retour à l’ordre constitutionnel par la tenue d’élections libres, démocratiques et inclusives ».
Parmi les changements les plus remarqués figure celui d’Andy Marcellus, qui figurait parmi les signataires du premier communiqué au nom de PEN/G8PA et qui signe désormais le communiqué favorable au processus électoral au nom d’Entre-Nous/G8PA. La même évolution est observée chez Gina Placide, représentante de Debout Patriotes, dont l’organisation apparaît parmi les signataires des deux documents. Le Parti Politique Indigène, également représenté dans les deux communiqués, fait lui aussi partie des structures ayant finalement souscrit au nouveau texte favorable au processus électoral.
Le second communiqué ne se contente pas d’approuver le cadre électoral. Ses signataires saluent les démarches entreprises par le Conseil électoral provisoire (CEP), prennent acte de la mise à disposition des ressources financières destinées à l’organisation des élections et encouragent l’institution électorale à poursuivre les préparatifs « dans le strict respect du Décret électoral amendé du 2 juin 2026 ». Ils demandent également la publication rapide du calendrier électoral afin de permettre aux partis de mieux se préparer.
Les auteurs du nouveau texte lancent un appel à l’ensemble des forces politiques en les invitant « à privilégier la voie électorale » et réaffirment leur volonté de « rompre avec la logique des transitions successives » qui, selon eux, fragilisent les institutions républicaines. Ils estiment que « la sortie durable de la crise passe par des élections réalisées dans le respect de la Constitution, du Décret électoral amendé du 2 juin 2026 et de la volonté souveraine du peuple haïtien ».
Par: Daniel Zéphyr
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