PubGazetteHaiti202005

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, effectuera une visite en Haïti ce mois-ci

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, se rendra en Haïti la semaine prochaine afin d'évaluer de visu l'impact des violences perpétrées par les gangs dans le pays et la réponse de la communauté internationale. 

Cette visite d'une journée, prévue le mardi 16 juin, sera le deuxième déplacement de Guterres en Haïti après une première visite en juillet 2023. 

Ce voyage intervient dans un contexte de recrudescence des violences commises par des groupes armés dans la métropole de Port-au-Prince et la région voisine de l'Artibonite, et alors que l'ONU continue d'appeler ses États membres à soutenir la réponse à l'augmentation rapide des besoins humanitaires.

L'escalade de la violence a fait des dizaines de morts ces dernières semaines et a contraint près de 1,5 million de personnes à fuir leurs foyers, un record, aggravant une crise humanitaire déjà catastrophique. 

Lors de sa visite, le Secrétaire général de l'ONU devrait rencontrer des personnes déplacées, notamment des femmes et des filles, particulièrement touchées par la violence.

Il examinera également le déploiement rapide de la Force de répression des gangs, mandatée par l'ONU, dont la logistique et les opérations sont supervisées par le nouveau Bureau d'appui des Nations Unies en Haïti et un groupe permanent de pays partenaires. Outre l'aggravation des crises sécuritaire et humanitaire, Haïti est confrontée à l'organisation d'élections maintes fois reportées. 

La semaine dernière, un désaccord sur la loi électorale a dégénéré en lutte de pouvoir entre le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et le Conseil électoral provisoire, les membres de ce dernier accusant le gouvernement d'outrepasser ses prérogatives et d'agir de manière anticonstitutionnelle.


Le différend a été déclenché par la tentative du gouvernement d'imposer un décret électoral dont les membres des conseils ont affirmé n'avoir jamais pris connaissance du texte auparavant. La décision du Premier ministre de promouvoir le directeur exécutif du conseil, Uder Antoine, au poste de directeur général était également source de conflit. 

À ce titre, Antoine serait placé sous l'autorité du pouvoir exécutif et non plus du conseil électoral, composé de neuf membres. Pour protester contre cette nomination, une majorité des membres du conseil a signé un document interdisant à Antoine l'accès aux bureaux du conseil à Pétion-Ville, puis une résolution le destituant. 

Dans ce contexte de tensions, le bureau politique de l'ONU et l'ambassade des États-Unis ont cherché à apaiser les esprits en saluant l'adoption du décret électoral, publié au Journal officiel d'Haïti, Le Moniteur, et rendu public durant le week-end. Antoine a prêté serment vendredi lors d'une cérémonie brève et restreinte, en présence uniquement du président du conseil électoral, Jacques Desrosiers, qui a rapidement quitté les lieux.

Lors de sa visite aux Nations Unies, M. Guterres évaluera le soutien apporté par l'agence internationale à Haïti, notamment à la Force de répression des gangs, et s'entretiendra avec les partenaires humanitaires des difficultés rencontrées.

Il devrait également rencontrer le chef du gouvernement haitien, qui assistera au premier match de la Coupe du monde de la FIFA opposant son équipe nationale haïtienne à l'Écosse à Boston le 13 juillet.

Le Secrétaire général se rendra en Haïti via la République dominicaine, pays avec lequel il partage l'île d'Hispaniola. À Saint-Domingue, il devrait rencontrer les autorités nationales.  Guterres est le deuxième diplomate de haut rang à se rendre sur l'île ces dernières semaines. 

Fin mai, le secrétaire d'État adjoint américain, Christopher Landau, s'est rendu à Port-au-Prince avant de poursuivre son voyage en République dominicaine. Une délégation de la Communauté caribéenne espérait également se rendre sur place, mais les autorités haïtiennes l'ont informée que le moment était inopportun.

Avec Miami Herald

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