PubGazetteHaiti202005

Migration : près de 23 000 Haïtiens déportés en février 2026, selon le GARR

Illustration : @Louidjy Beaubrun

Les déportations des Haïtiens ne cessent malgré la crise, avec 22 966 cas. En grande partie, la République Dominicaine a renvoyé 22 793 Haïtiens en février 2026, selon le GARR. Parmi eux, 103 femmes enceintes, 254 allaitantes et 57 mineurs non accompagnés. De nombreuses violations ont été signalées, incluant expulsions depuis les maternités et extorsions. Ce flux massif complique la réinsertion des rapatriés dans un pays déjà instable.

Ce rapport, soutenu par Organisation internationale pour les migrations, s’appuie sur des données collectées du 1er au 28 février aux principaux points frontaliers, notamment Anse-à-Pitres, Belladère, Malpasse et Ouanaminthe.

Dans le détail, 22 793 cas de rapatriements ont été enregistrés au cours de cette période, auxquels s’ajoutent 20 079 retours spontanés et 7 952 refoulements. Les postes frontaliers de Belladère et d’Ouanaminthe figurent parmi les zones les plus sollicitées, illustrant l’intensité des mouvements migratoires dans ces régions.

Au-delà de la frontière dominicaine, 173 Haïtiens ont également été déportés depuis d’autres territoires, notamment les États-Unis, les îles Turques-et-Caïques et les Bahamas, avant d’être accueillis au Cap-Haïtien.


Le rapport met également en évidence la vulnérabilité de plusieurs catégories de migrants. Parmi les personnes déportées figurent notamment 103 femmes enceintes, 254 femmes allaitantes, 119 personnes vivant avec un handicap et 57 mineurs non accompagnés, des chiffres qui témoignent de la fragilité des populations concernées.

Le GARR dénonce par ailleurs plusieurs violations des droits humains en République dominicaine. L’organisation évoque des cas de déportations de femmes enceintes ou allaitantes directement depuis des centres hospitaliers, ainsi que des pratiques d’extorsion et des actes de brutalité. Elle pointe également le non-respect du protocole bilatéral encadrant les opérations de rapatriement.

Sur le plan international, le bulletin revient sur plusieurs faits marquants, notamment la décision d’un juge américain de bloquer temporairement la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les Haïtiens, les dénonciations de discriminations en République dominicaine par la Commission interaméricaine des droits de l’homme, ainsi que des drames migratoires survenus au Mexique et en Méditerranée.

Face à cette situation, le GARR appelle à une meilleure protection des droits des migrants haïtiens et insiste sur la nécessité de créer des conditions de stabilité en Haïti afin de favoriser leur réinsertion.

En parallèle, l’organisation dit continuer d’apporter une assistance aux personnes rapatriées. À Belladère, plus de 500 migrants ont bénéficié d’un accompagnement, incluant des services alimentaires, médicaux, psychologiques et de sensibilisation, dans un contexte marqué par l’urgence humanitaire.

 

Wideberlin Sénexant

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