PubGazetteHaiti202005

Chesnel François prend les rênes de la DGI : cap sur la modernisation et la performance fiscale

Directeur DGI,  Jean François

La Direction générale des impôts (DGI) ouvre un nouveau chapitre. Installé officiellement le mercredi 25 février 2026, Chesnel François prend la tête d’une institution stratégique pour les finances publiques haïtiennes, dans un pays soumis à de fortes pressions budgétaires. Aux côtés de son adjoint, Alfred Pierre, il entend accélérer les réformes, moderniser les outils de gestion fiscale et redonner confiance aux agents comme aux contribuables.

 

La cérémonie d’installation s’est déroulée en présence de l’ancien titulaire du FAES, l’actuel ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Collin, quelques instants après que celui-ci a été lui-même installé dans ses fonctions par le Premier ministre par intérim, Patrick Pélissier, en l’absence du chef du gouvernement, Alix Didier Fils-Aimé.

Dans son propos de circonstance, le nouveau chef du MEF a exprimé sa confiance envers la nouvelle équipe dirigeante, soulignant l’importance de la DGI dans l’architecture budgétaire d'haiti. « Lorsque les recettes sont au rendez-vous, l’État peut financer ses priorités et assurer le fonctionnement régulier des institutions », a-t-il rappelé, insistant sur la nécessité d’un sursaut de performance fiscale. Fonctionnaire de carrière, Chesnel François n’arrive pas en terrain inconnu. Il a gravi les échelons au sein de l’administration fiscale, occupant successivement plusieurs postes de responsabilité. Sa nomination est ainsi perçue comme un choix de continuité, mais aussi comme une volonté de valoriser l’expertise interne.

Dans son discours, le nouveau directeur général a tenu à remercier les plus hautes autorités de la République pour la confiance placée en lui. « Je mesure pleinement la portée de la mission qui m’est confiée », a-t-il déclaré, évoquant un engagement total au service de l’institution et du pays. Il a toutefois reconnu que son entrée en fonction intervient dans un contexte particulièrement complexe. Crise économique persistante, mutation technologique rapide et départ de nombreux cadres expérimentés vers l’étranger : autant de défis qui fragilisent la capacité opérationnelle de l’administration fiscale.


Face à ces contraintes, Chesnel François entend miser sur une approche méthodique. Parmi ses priorités figure la finalisation du plan stratégique de la DGI, outil appelé à structurer les actions futures et à renforcer la culture de résultats au sein de l’institution. Le numero 1 de la DGI vise à améliorer la collecte des impôts, sécuriser les données et renforcer la transparence des opérations. Pour le nouveau directeur, la digitalisation des procédures n’est plus une option, mais une exigence incontournable.

Le ministre Serge Gabriel Collin a, de son côté, insisté sur la poursuite des réformes technologiques déjà amorcées. Il a appelé à accélérer la modernisation des systèmes et à consolider les initiatives engagées sous la direction sortante, saluant au passage le travail accompli par l’ancien directeur général, Romuald Petit.


Au-delà des outils technologiques, la question des ressources humaines a occupé une place centrale dans les différentes interventions. Le directeur général du ministère de l’Économie et des Finances, Jean Bouco Jean-Jacques, a rappelé que la performance d’une institution repose avant tout sur les femmes et les hommes qui la composent. Il a souligné le parcours académique et professionnel de Chesnel François, notamment sa formation au Centre de techniques de planification et d’économie appliquée CTPEA, insistant sur la rigueur et le sens du service public inculqués par cette école.

Dans la même veine, le nouveau patron de la DGI a promis d’accorder une attention particulière aux conditions de travail des agents. Il a évoqué la nécessité de finaliser le projet de statut particulier des employés et d’améliorer l’environnement professionnel, estimant que la motivation constitue un levier déterminant de performance. « Le bon fonctionnement de l’institution sera le reflet direct de notre discipline et de notre engagement collectif », a-t-il affirmé, appelant l’ensemble des directions à travailler de manière coordonnée et solidaire.

 

L’enjeu est clair : rompre avec les contre-performances enregistrées ces dernières années, où les recettes collectées sont restées en deçà des prévisions budgétaires. Pour le gouvernement, la DGI doit redevenir un pilier solide de la politique financière nationale.

En filigrane, cette nouvelle étape traduit la volonté des autorités de consolider les réformes fiscales engagées, tout en insufflant un nouveau dynamisme à l’administration. La mission confiée à Chesnel François et à son équipe est donc stratégique : restaurer la confiance, optimiser la mobilisation des ressources internes et renforcer la crédibilité budgétaire de l’État. En s’adressant directement aux cadres et employés, le nouveau directeur général a conclu sur une note d’unité : « Ensemble, nous pouvons bâtir une administration fiscale forte, moderne et orientée vers les résultats. »

À l’heure où les défis économiques se multiplient, la DGI se retrouve plus que jamais au cœur du redressement national. Reste désormais à transformer les ambitions affichées en résultats concrets, au bénéfice des finances publiques et du développement du pays.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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