Alors que le pays s’enlise dans une transition politique prolongée depuis 2021, le Parti Démocrate-Chrétien Haïtien (PDCH) a organisé, le samedi 31 janvier 2026, un atelier de réflexion et de formation consacré au « Caritatisme », socle idéologique du parti. Une initiative visant à réaffirmer une vision politique centrée sur l’humain et la reconstruction de l’État.
Depuis environ cinq ans, Haïti vit au rythme de transitions successives, sans véritable horizon institutionnel stable. Dans un communiqué publié sur le réseau X, le Parti Démocrate-Chrétien Haïtien dresse un constat sévère : institutions affaiblies, confiance publique érodée et violence devenue un mode de régulation politique. Selon le PDCH, la démocratie est « confisquée » depuis 2021, tandis que les décisions majeures continuent d’être négociées sans consultation populaire.
C’est dans ce contexte de crise profonde que le parti a réuni ses cadres, responsables politiques et militants autour d’un atelier de réflexion et de formation consacré au « Caritatisme », doctrine fondée par feu Sylvio C. Claude et présentée comme l’ossature idéologique du PDCH.
Moment central de la rencontre, l’intervention du président du PDCH, Mathias Pierre, a donné le ton des débats. Dans un discours sans détour, il a insisté sur le fait que le Caritatisme ne saurait être réduit à un simple slogan ou à une posture morale.
« Le Caritatisme est une rupture avec la politique de prédation et d’improvisation. Il place l’être humain au centre de l’action publique et oblige le dirigeant à servir avant de se servir », a-t-il déclaré.
Pour le dirigeant politique, la crise haïtienne est avant tout une crise de valeurs et de vision. Il a plaidé pour la formation de leaders capables de dépasser les intérêts personnels et les logiques de clans, tout en œuvrant à la construction d’un État moderne, fondé sur des institutions fortes, impersonnelles et respectueuses de la Constitution, mais attentif aux plus vulnérables.
La secrétaire générale du parti, Rose Lys Bertin, a introduit la rencontre avant de céder la parole à Naika Claude, petite-fille de Sylvio C. Claude, fondateur du PDCH et du Caritatisme. Cette dernière a retracé l’héritage intellectuel et moral du fondateur, mettant en lumière la genèse de cette doctrine et sa vocation humaniste et chrétienne.
Cette séquence a permis de replacer le Caritatisme dans une perspective historique, tout en soulignant sa prétention à répondre aux défis contemporains de l’État haïtien.
Le PDCH a profité de l’atelier pour présenter les principaux axes du Caritatisme réorienté, parmi lesquels figurent notamment : la sortie d’une économie de rente et de prédation, la valorisation du capital humain, la santé comme droit fondamental, le logement comme pilier de stabilité sociale, le pacte entre élites et masses, la reconquête de la souveraineté nationale, le leadership et la vision partagée, la place géopolitique d’Haïti, ainsi que le rôle de l’État dans la lutte contre la violence et dans l’entrée du pays dans la modernité.
Pour la direction du parti, ces orientations constituent des conditions indispensables pour transformer l’État haïtien, qualifié d’« État failli », en un État moderne au service du bien commun et de la dignité humaine.
Avant le lancement effectif des travaux, Cliff Coulanges, responsable politique du PDCH, a présenté la structure des ateliers, la méthodologie retenue, les axes de réflexion ainsi que les objectifs assignés aux différents groupes de travail.
Les participants ont ensuite été répartis en groupes de réflexion autour de thèmes clés, notamment les fondements idéologiques du Caritatisme, son application au leadership politique, la gouvernance démocratique et la modernisation de l’État.
Selon le communiqué, les échanges ont été marqués par une volonté commune de traduire les principes doctrinaux en propositions concrètes et en pratiques politiques responsables.
Par cette initiative, le PDCH, sous la direction de Mathias Pierre, ancien ministre délégué aux affaires électorales sous Jovenel Moïse, dit réaffirmer sa vocation à former des cadres politiquement solides, moralement responsables et engagés dans la construction d’une Haïti « juste, solidaire et productive », conformément à sa vision politique.
Wideberlin Sénexant
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