PubGazetteHaiti202005

Crise politique : le FCN plaide pour le départ du CPT et un exécutif bicéphale avant 7 février

Crédit: Clarvens Michel

Le parti politique Fòs Chanjman Nasyonal (FCN) a tenu une conférence de presse le mardi 20 janvier 2026 afin de présenter sa position face à la conjoncture nationale et d’exposer un cadre de propositions pour une transition inclusive, souveraine et pacifique. Plusieurs dirigeants du parti ont pris la parole pour dénoncer l’échec du Conseil présidentiel de transition (CPT) et appeler à un changement immédiat de cap.

« La colère du peuple est un avertissement »

Intervenant en premier, Junior Jean Rémy, secrétaire général du FCN, a estimé que « la colère du peuple n’est pas une menace, mais un avertissement ». Il appelle haut et fort au départ du Conseil présidentiel de transition. Selon lui, la situation actuelle traduit l’exaspération d’une population abandonnée et privée de perspectives.

Il a appelé les acteurs politiques et de la société civile à assumer leurs responsabilités en vue de parvenir à un consensus pour le remplacement du CPT. Citant plusieurs initiatives déjà engagées dans le pays, il a insisté sur la nécessité d’un dialogue franc débouchant sur une proposition commune de sortie de crise.

Pour le secrétaire général du FCN, Haïti n’a pas besoin d’une transition fondée sur le partage du pouvoir, qu’il considère comme la principale cause des échecs répétés des précédentes transitions, mais plutôt d’une direction claire, cohérente et responsable.


La position du FCN, selon Junior Jean Rémy, repose sur trois piliers fondamentaux :
l’organisation d’élections crédibles,
la tenue d’un dialogue national inclusif,
et l’adoption d’une nouvelle Constitution, adaptée aux réalités du pays et aux aspirations populaires.

Départ du CPT avant le 7 février et les propositions du parti

Prenant la parole à son tour, Dmeza Auguste, président du parti et sociologue, a lancé un appel sans ambiguïté au départ du Conseil présidentiel de transition. Il fixe l’échéance au 6 février 2026 à 23 h 59 min 59 s, estimant que le CPT incarne aujourd’hui le déclin et l’échec cuisant de la transition en cours.

Le professeur dit ressentir une profonde honte face à une gouvernance qui, selon lui, ne fait que dévaloriser l’histoire et la dignité du peuple haïtien. Il a exhorté la population et les forces vives du pays à « appuyer un changement réel », tout en dénonçant les mauvaises pratiques politiques qui minent l’unité nationale.


Devant la presse, le FCN a réitéré sa proposition d’un exécutif bicéphale pour la prochaine transition, accompagnée de la mise en place d’une instance régulatrice indépendante, chargée de surveiller et d’évaluer les actions du nouveau pouvoir intérimaire.

Le parti a également dénoncé le décret adopté par le gouvernement sur la Haute Cour de justice ainsi que celui relatif à la liberté d’expression, jugés dangereux pour la démocratie et l’État de droit.

Vers une passation ordonnée du pouvoir

Concernant la passation du pouvoir, le FCN propose que le nouveau pouvoir intérimaire [sorti du dialogue, ndlr] et l’organe de contrôle soient installés avant le 7 février, date à laquelle le CPT devrait officiellement quitter la scène. Le parti réclame par ailleurs un audit de gestion des conseillers-présidents sortants.


Le président du FCN a affirmé l’engagement total du parti jusqu’au jour du départ du CPT, appelant à « une pause dans ce mal » qui ronge le pays. Interrogé sur une éventuelle candidature personnelle à  la Présidence aux prochaines  joutes électorales, Dmeza Auguste n’exclut pas cette possibilité, sous réserve de plusieurs conditions, notamment son état de santé et la décision formelle de son parti.

Dans un contexte d’urgence nationale, il a profité de l’occasion pour promouvoir son projet de dialogue intergénérationnel, qu’il considère comme un levier essentiel pour reconstruire la nation et réconcilier les différentes forces du pays.

 

Wideberlin Sénexant

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