Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a quitté le pays ce mardi 26 aout 2025 en direction des États-Unis à l’occasion d’une Réunion tripartite qui sera axée sur la stabilité d’Haiti, selon un communiqué de la Primature.
Durant son voyage, il participera à la Réunion tripartite ONU/CARICOM-EPG/OEA, consacrée au renforcement de la stabilité d’Haïti qui se tiendra le mercredi 27 août aux États-Unis.
La mise à jour de la feuille de route pour Haïti et les étapes de suivi (sous la direction de l’OEA) ; ainsi que la réunion du Groupe des amis d’Haïti seront au cœur des échanges, selon la Primature.
La participation du chef du gouvernement à cette réunion témoigne « l’engagement de son gouvernement à travailler, en étroite collaboration avec les partenaires internationaux, et à consolider la stabilité politique et au redressement économique et social du pays. »
Alix Didier Fils-Aimé sera de retour dans le pays le jeudi 28 août 2025.
Il faut rappeler que lors d'un conseil permanent tenu le 20 août dernier, le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert R. Ramdin, a présenté la deuxième version de la feuille de route destinée à soutenir Haïti dans sa quête de stabilité et de paix. Ce plan est préparé en concertation avec les autorités haïtiennes et plusieurs partenaires régionaux et internationaux. Il place la sécurité au cœur de ses priorités et évalue les besoins financiers à 2,6 milliards de dollars sur la période 2025-2028.
L'élaboration a été confiée au secrétariat général de l’OEA, en collaboration avec le gouvernement haïtien, le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) et la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS). Pour M. Ramdin, il ne s’agit pas d’une directive imposée mais d’un cadre de référence censé guider l’action collective. Trois institutions internationales se partageront les responsabilités : l’OEA assurera la coordination et la mobilisation du soutien politique et des ressources, la CARICOM se chargera de la facilitation politique et de l’engagement direct avec les acteurs haïtiens, tandis que l’ONU apportera un mandat de maintien de la paix, un soutien politique de haut niveau et une assistance technique continue.
La feuille de route s’articule autour de cinq piliers. Le premier est consacré à la stabilisation sécuritaire et à la restauration de la paix. Il vise notamment à sécuriser les grands corridors, réhabiliter la Police nationale haïtienne, réformer la justice et démanteler les réseaux criminels.
Le deuxième pilier porte sur la réponse humanitaire, jugée urgente dans un pays où 4,7 millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, où plus de 60 % de la population n’a pas accès à l’eau potable et où moins d’un quart des établissements de santé des zones critiques sont opérationnels.
Le troisième concerne le consensus politique et la gouvernance, afin de créer les conditions d’une légitimité institutionnelle durable grâce à un dialogue inclusif et transparent.
Le quatrième s’attache au processus électoral, avec un appui au Conseil électoral provisoire et à l’Office national d’identification pour organiser des scrutins libres et crédibles.
Enfin, le cinquième pilier vise à relancer le développement économique et social par la reprise des services publics, la modernisation de l’agriculture, le soutien aux petites entreprises et l’extension des infrastructures.
Le coût total de ces mesures est estimé à 2,6 milliards de dollars, répartis entre les partenaires internationaux. Albert R. Ramdin a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective, rappelant que « le succès d’un tel plan repose sur la coordination et sur le financement ». « On peut avoir les meilleures stratégies, mais sans ressources, elles ne restent que des intentions », avait t-il affirmé.
Le mois dernier Alix Didier Fils-Aimé avait effectué une tournée officielle à Washington . Cette tournée a duré près de 8 jours.
Lors de cette mission, il avait rencontré plusieurs grandes personnalités américaines à la Maison Blanche, au département d'Etat, au congrès américain entre autres.
Le rétablissement de la sécurité, l’organisation des élections, la Protection de Statut Temporaire (TPS) des migrants haïtiens, le programme humanitarian parole ainsi que la contribution de la diaspora au redressement national étaient au cœur des discussions.
Par: Daniella Saint-Louis
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