Vladimir Paraison a été installé ce vendredi 8 août 2024 comme nouveau directeur général de la Police Nationale d’Haïti en remplacement à Normil Rameau. L’ancien responsable de la sécurité du palais national promet de la sécurité « partout dans le pays. »
La décision est tombée en fin d’après-midi, comme un couperet. À l’issue d’un Conseil des ministres tenu à la Villa d’Accueil, Normil Rameau a été remercié de ses fonctions, laissant place à un nom qui circulait déjà dans les couloirs du pouvoir, mais dont la nomination ne semblait pas si imminente. Bénéficiant de l’aval de la majorité des membres du Conseil présidentiel de transition, Vladimir Paraison a vu son destin basculer en quelques heures.
À peine la décision prise, l’installation a été programmée. Les journalistes ont été conviés à la hâte. La lecture de l’arrêté par Paul Villefranche a ouvert la cérémonie, suivie de la remise de son ampliation. Puis, sous les applaudissements nourris de l’assistance composée de journalistes, conseillers présidentiels, de ministres et de secrétaires d’État, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, en sa qualité de président du Conseil supérieur de la PNH, a remis à Vladimir Paraison les insignes de sa nouvelle charge.
Dans son allocution, le président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, n’a pas cherché à masquer la gravité de l’heure. Dressant un tableau sombre de la situation sécuritaire, il a rappelé au nouveau patron de la PNH l’ampleur du défi qui l’attend. « Des milliers de familles rêvent de se reconstruire, de retrouver leurs maisons grâce à une seule chose, la sécurité », a-t-il déclaré.
« La sécurité n’est pas seulement une priorité absolue. Elle est le pilier fondamental de tous les autres chantiers de cette transition. Sans elle, tout le reste s’effondre. Réforme constitutionnelle, relance économique, élections… Et élections risquent d’être compromises », ajoute le représentant du secteur privé.
M. Saint-Cyr a insisté sur le caractère « difficile » mais nécessaire de ce changement de leadership, saluant au passage les efforts de Normil Rameau, précisant qu’il ne s’agissait pas d’une sanction, mais d’un acte « dicté par l’urgence et la nécessité d’insuffler un souffle nouveau à la PNH ».
Au nouveau Directeur général, il a lancé un avertissement sans détour : il n’a pas « le luxe de tâtonner ».« Vous avez la réputation d’être un homme de terrain et de résultat. Le moment est venu plus que jamais de le prouver », dit-il.
« Pa gen dòmi »
Prenant la parole à son tour, Vladimir Paraison a d’abord rendu hommage aux policiers tombés sous les balles assassines des criminels. Fort de toutes ces années de service au sein de la PNH, dont six passées à la tête de la sécurité du palais national, il s’est dit révolté par la réalité que vit le pays comme des élèves empêchés de se rendre à l’école, des marchands incapables d’écouler leurs produits, des enfants enrôlés de force par les gangs. « Je suis prêt à dire mon mot face à ce problème d’insécurité », lance-t-il avec détermination.
« Nous allons travailler à rétablir la sécurité partout dans le pays, spécialement dans les départements les plus affectés », promet Paraison, ajoutant qu’il traquera les bandits pour les livrer à la justice. « Pa gen dòmi », a-t-il lancé à l’adresse des policiers, comme un mot d’ordre martial.
L’appel du nouveau Directeur général ne s’est pas arrêté là. Il a demandé aux anciens directeurs généraux de la PNH et policiers retraités à prêter main-forte à l’institution. Réputé pour être un « vrai combattant », Paraison hérite toutefois d’une PNH fragilisée, minée par les pertes humaines et la démotivation.
Normil Rameau, discret mais présent, est apparu à la fin de la cérémonie, sans prendre la parole. À noter que le conseiller présidentiel Fritz Alphonse Jean, réputé proche de Rameau, n’a participé ni au Conseil des ministres, ni à l’installation de son successeur.
Par: Daniel Zéphyr
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