PubGazetteHaiti202005

Premier round de discussions entre les parties prenantes de l’accord du 03 avril 2024 et la Caricom, 21 Décembre favorable à un conseil à trois membres

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Après plus de trois heures d’horloge, la première réunion marquant la reprise des négociations politique entre parties prenantes sur la crise multidimensionnelle qui secoue le pays a pris fin dans l’après-midi du mardi premier juillet 2025. Les parties prenantes ayant pris part à la réunion ont toutes constaté l'échec du Conseil Présidentiel de Transition. L'accord du 21 Décembre serait favorable à un conseil composé de trois membres représentant les secteurs privé, politique et la société civile. 

A l’initiative du groupe des éminentes personnalités de la CARICOM, une cinquantaine d’acteurs concernés, initiateurs de l’accord du 03 avril 2024 instituant le CPT ont discuté ensemble via zoom dans le but de tenter d’arriver à une solution à la crise haïtienne pour une nouvelle fois.

Les récentes décisions internationales à l’encontre Haïti, la dégradation de la crise haïtienne, la problématique du CTP et l’épineuse question de l’insécurité sont parmi les points discutés lors de cette rencontre.

La majorité parties prenantes de l’accord du 03 avril 2024 a constaté l’échec du conseil présidentiel de transition, a rapporté Pascal Adrien, membre de l’accord du 21 décembre, représenté par Louis Gerald Gilles au CPT.

Selon lui, le conseil présidentiel de transition doit partir. Il dénonçe une fois de plus son échec cuisant à juguler la crise qui ne cesse de s’aggraver davantage depuis les quatorze derniers mois. Le leader du mouvement pour la transparence nationale a fait ces déclarations lors d’une intervention ce mercredi 02 juillet 2025, à l’émission « Le Rendez-vous » de Gazette Haïti news. 

Quinze mois plus tard, le conseil présidentiel de transition a complètement échoué dans sa mission de rétablir la sécurité, l’organisation des élections et le référendum constitutionnel, le redressement économique et le renforcement de la justice, a soutenu Pascal Adrien.

Ces mêmes acteurs qui étaient au-devant de la scène, en 2023 pour mettre sur pied ce CPT incapable de résoudre a crise et s’accrochent  aveuglement aux maigres ressources de l’Etat, ont l’ultime obligation de reconnaitre leur échec et de poursuivre les discussions, notamment avec d’autres acteurs non signataires de l’accord du 03 avril 2024 afin d’arriver à une entente globale pour mettre un terme à la période transitoire, selon Pascal Adrien. 

Cependant, le militant politique affirme que les acteurs doivent trouver une autre alternative juste et raisonnable, écartant toute possibilité de maintenir cette configuration du pouvoir exécutif. Le groupe du 21 Décembre serait favorable à la formation d'un CPT à trois membres issus des 3 secteurs clés : politique, société civile et secteur privé.  Pour Pascal Andrien, l'expérience du CPT à 9 membres a été catastrophique. 

Durant la rencontre, l'épineuse question relative à une probable  participation des  gangs criminels de " Viv Ansanm" aux négociations politiques vient d'être agitée. C'est le président du Groupe des Eminentes Personnalités de la Caricom Kenny Anthony  qui a posé la question à l'assemblée, selon un participant qui requiert l'anonymat.  

Dans son intervention, Me Michel André a clairement rejeté toute idée de négocier avec les gangs. Depuis quelques temps, une frange de la communauté internationale évoque la participation des gangs dans les négociations politiques. Le secrétaire général de l'OEA Albert Ramdin avait dit qu'il n'excluait pas une telle perspective dans le cadre des négociations.

Il continue de plaider en faveur du renforcement de nos forces de sécurités nationales et le déploiement d’une force multinationale pouvant aider effectivement à résoudre la crise sécuritaire, tenue des difficultés rencontrées par la MMAS pour mieux remplir sa mission.   

Il faut dire que d’autres participants ont des positions contraires à celle du 21 décembre, notamment le bureau de suivi de l’accord de Montana. Pour le BSA, cette nouvelle initiative constitue une officialisation d’un processus de tutelle en cours depuis plusieurs années.

Le BSA a également remis en cause l’efficacité de la mission de médiation de la CARICOM. Selon la structure politique haïtienne, les représentants de l’organisation régionale ont perdu leur neutralité en agissant comme des arbitres qui, dit-il, ont influencé la direction des négociations politiques haïtiennes. « La CARICOM ne peut plus prétendre faciliter un dialogue tout en dictant ses termes », a soutenu le Bureau. 

L’accord Montana invite la Caricom « à revoir sa mission pour mieux relayer, avec loyauté et rigueur, la voix du peuple haïtien sur la scène régionale et internationale. »

A rappeler que des structures politiques non signataires de l’accord du 03 avril 2024 dont l’Initiative du 24 avril disent prendre leurs distances aux récentes consultations engagées par la CARICOM sur la crise, déclarant que le CPT a clairement échoué, en raison de son incapacité à résoudre la crise après 14 mois de gouvernance.

L’accord du 03 avril 2024 appelle l’OEA et la CARICOM à ne pas cautionner l’échec du CPT et préconisent la mise en place d’une nouvelle équipe transition en vue d’adresser la crise sécuritaire qui sévit en Haïti.

 

 

 

Par Léon Kersivil

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