Une ministre de la diaspora qui a l’air de vouloir faire bouger les choses. Intervenant lors de la 15e édition des « Mardis de la Nation » ce mardi 1er juillet 2025, la ministre Kathia Verdier a exposé les initiatives du Ministère des Haïtiens Vivant a l'Etranger ( MHAVE) pour répondre aux besoins pressants des ressortissants haïtiens en matière de documentation. De la production accélérée de passeports à la simplification des démarches pour l’obtention du casier judiciaire, le ministère affiche sa volonté de renforcer les liens avec les Haïtiens de l’extérieur.
Depuis la Journée de la migration célébrée en décembre 2024, le ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MAHVE) a entamé une série de consultations avec plusieurs institutions nationales telles que l’Office national d’identification (ONI), la Direction de l’Immigration et de l’Émigration, les Archives nationales et la Direction centrale de la police judiciaire et autres. « Nous avons engagé une dynamique interinstitutionnelle afin de signer des protocoles d’accord permettant à nos compatriotes en dehors du pays d’avoir un accès facile à leurs documents », a déclaré la ministre Kathia Verdier.
Ces démarches ont déjà porté leurs fruits : plusieurs protocoles ont été signés, et les procédures complexes sont en cours de simplification.
À l’issue d’une tournée de deux semaines en Amérique du Sud, notamment en République dominicaine, la ministre a constaté des progrès notables. L’un des points critiques, le casier judiciaire, est désormais accessible pour les Haïtiens résidant à l’étranger.
Concernant les passeports, elle a salué une nette amélioration : « Il y avait plus de 5 000 passeports en souffrance à Saint-Domingue. Aujourd’hui, plus de 3 000 ont été produits en seulement deux semaines », a-t-elle affirmé.
Dans le souci de maintenir un lien constant avec la diaspora, la ministre Verdier a mis en avant l’existence d’un Call-Center intitulé « MAHVE à l’écoute », en service depuis plus de quatre mois. « C’est un outil pour établir un lien direct entre le ministère et la diaspora. Les gens appellent, exposent leurs problèmes, et nous faisons les suivis nécessaires », a-t-elle expliqué.
En complément, la ministre a évoqué « Natif Natal TV », une plateforme de communication dédiée aux Haïtiens de l’étranger. Pensée comme un espace de dialogue, cette initiative permet aux membres de la diaspora de faire entendre leur voix, d’échanger des idées et de partager leurs préoccupations.
De plus, le MAHVE travaille à la création de mécanismes d’accompagnement pour les Haïtiens souhaitant retourner vivre dans leur pays d’origine. « Nous avons discuté avec plusieurs représentants de secteurs en République dominicaine, et nous travaillons sur des initiatives qui permettront aux Haïtiens désireux de revenir chez eux de le faire dans la dignité et la sécurité », a déclaré Kathia Verdier.
En parallèle à ces efforts, les Haïtiens de l’étranger sont confrontés à une autre réalité : la suspension du Statut de Protection Temporaire (TPS) par les autorités américaines.
Malgré l’insécurité notoire, le Département de la Sécurité intérieure (DHS) affirme que les intérêts nationaux des États-Unis doivent primer, notamment en matière de contrôle migratoire. Une position qui contraste fortement avec l’alerte de l’ambassade des États-Unis à Port-au-Prince, émise le 24 juin 2025, exhortant ses ressortissants à quitter Haïti immédiatement. Alors que Washington dit vouloir soutenir les autorités haïtiennes à rétablir la paix, elle appelle ses propres citoyens à fuir le territoire. Un paradoxe qui ne manque pas d’interpeller.
Alors que les Haïtiens vivant à l’étranger continuent de jouer un rôle vital pour l’économie nationale et la résilience sociale du pays.
Par Arnold Junior Pierre
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