PubGazetteHaiti202005

Le PNCS célèbre le 1er mai en valorisant la production locale

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À l’occasion de la fête du Travail et de l’Agriculture, le Programme national de cantines scolaires (PNCS) a lancé une foire inédite mettant à l’honneur producteurs, artisans et traditions locales, dans une démarche affirmée de souveraineté alimentaire.

 Ce Jeudi 1er mai 2025, les locaux du PNCS ont accueilli la première édition d’une foire agro-artisanale, une initiative placée sous le signe de la valorisation de la production locale. L’événement, organisé dans le cadre de la fête du Travail et de l’Agriculture, a attiré des dizaines de producteurs issus des dix départements du pays.

Selon le coordinateur national du PNCS Me Kevenot Dorvil, cette foire vise à montrer concrètement aux citoyens ce que mangent les enfants dans les cantines scolaires et à renforcer les liens entre alimentation scolaire et agriculture nationale. « D’ici 2030, tous les repas servis dans les écoles doivent provenir des produits haïtiens. C’est la vision que nous portons dans la stratégie nationale d’alimentation scolaire », a-t-il affirmé au micro des journalistes.

Chaque jour, le PNCS sert environ 1,2 million de repas à des élèves à travers le pays. Une performance rendue possible grâce à un réseau structuré de producteurs locaux avec qui l’institution collabore directement. « Nous achetons dans chaque région les produits nécessaires, en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et plusieurs groupements paysans », explique Dorvil.

En raison de la conjoncture difficile et l’insécurité qui prévaut dans l’Ouest, le coordonnateur n’a pas pu fournir de chiffres précis sur les enfants bénéficiant actuellement des repas scolaires dans ce département. « La situation reste très complexe, mais nous tenons à maintenir notre engagement coûte que coûte », dit-il.
Un des moments les plus émouvants de la journée a été l’hommage rendu à l’écologiste Harry Nicolas, alias Mèt Fèy Vèt, reconnu pour son militantisme en faveur d’une agriculture durable. Le PNCS a salué son implication à travers le programme solidaire « Lakou Manje Doudou », désormais partenaire de cette  l’institution.

« L’un des premiers lieux que j’ai visités après ma nomination, c’est Lakou Manje Doudou. On ne peut pas parler de soutien à la production locale sans saluer le travail de Mèt Fèy », a déclaré Me Dorvil. L’accord signé entre les deux entités permettra d’introduire dans les cantines scolaires des produits traditionnels comme l’akasan, le jus de manioc, la cassave ou les fruits tropicaux, etc.

 Mèt Fèy Vèt a débuté son intervention en fredonnant le morceau Manman Doudou, avant de rappeler avec humour et émotion : « Tout moun se manje. Ayiti se sèl kote ou plante pye bwa, li pa janm seche. »

La foire ne s’est pas limitée à une vitrine commerciale. Elle a aussi été pensée comme un espace éducatif. Ateliers, conférences, dégustations et animations ont rythmé la journée, pour sensibiliser le public, et particulièrement les jeunes, à la richesse agricole du pays et à la nécessité de préserver le terroir.
« Soutenir les cultivateurs, c’est leur rendre leur dignité. C’est aussi donner une chance à nos enfants de manger mieux, ici même, sans dépendre d’autres pays », a insisté une participante, productrice venue du Sud.

En lançant cette première édition, le PNCS ambitionne d’en faire un rendez-vous annuel. Un espace de dialogue entre producteurs ruraux et consommateurs urbains, dans un pays où relancer la production locale devient une urgence économique et sociale.

 

 

Par : Arnold Junior Pierre

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