PORT-AU-PRINCE, Le 10 Décembre 2019
Pierre Esperance et Emmanuela Douyon, respectivement responsables du RNDDH et du collectif de Petrochallengers NOU PAP DÒMI ont pratiquement déshabillé le Président Jovenel Moise devant le Congrès américain à l'occasion du 71ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l'homme. Invités à témoigner devant la Commission Affaires Etrangères du Congrès sur la situation des droits de l'homme et la corruption sous le régne de PHTK #2 ce mardi, Esperance et Douyon ont dressé un tableau sombre de la réalité en Haiti en termes de violations des droits humains et de corruption.
Lors de l'audition, le responsable du RNDDH a expliqué chiffres à l'appui le viol systématique des droits marqués notamment par 5 massacres et des assassinats ciblés. Selon les données fournies, 478 personnes ont été tuées dans le pays pour la seule année 2019 dont 42 par balles à la tête.
Il a aussi fait état d' « arrestations politiquement motivées, d'impunité dont jouissent les proches du pouvoir et la gangstérisation du pays par les actuelles autorités ». Le défenseur des droits de l'homme a aussi imputé la responsabilité de la non tenue des élections pour renouvler le personnel politique au Président Jovenel Moise, qui selon lui n'a pas pu faire voter une loi électorale en dépit de sa main-mise sur les deux branches du parlement.
La responsable de NOU PAP DÒMI Emmanuella Douyon a quant à elle mis l'accent sur la participation du Président haitien dans la dilapidation des fonds pétrocaribe. Elle a expliqué aux congressmen que Jovenel Moise représente un obstacle pour la tenue du procès des dilapidateurs des 4.5 milliards dollars provenant des fonds Petrocaribe. « Le Président est accusé de corruption, nous ne pensons pas qu’il mérite de rester au pouvoir », a-t-elle déclaré.
La Pétrochallenger avait un message pour Jovenel Moise:
"MOUVMAN KONT KÒRIPSYON AK ENPINITE A PAP KANPE BRA KWAZE POU KITE YON PREZIDAN KI GEN MEN LI TRANPE BYEN FON NAN KORIPSYON VINN DIRIJE N PA DEKRÉ". Un mesage qui laisse augurer la remobilisation des pétrochallengers en janvier prochain contre le pouvoir.
Elle a aussi dénoncé la situation socio-économique désastreuse dans laquelle le gouvernement haitien plonge le pays. « Le président ne prend aucune mesure pour redresser la barre et ne dirige plus rien », a par ailleurs fait savoir Emmanuella Douyon. Elle a profité de son passage devant la Commission Affaires Etrangères du Congrès pour critiquer la politique américaine en Haïti.
Selon la leader de Nou Pap Dòmi, « La politique américaine [ en Haïti, ndrl] qui se concentre depuis des décennies sur la stabilité à court terme a échoué et doit être réévaluée ».
De son côté, Daniel Erikson de Blue Star Stratégies, croit que « le temps est venu pour le Département d’Etat d’adopter de nouvelles approches en travaillant avec d’autres partenaires, tels que le Canada, l’Union Européenne et l’Organisation des Etats Américains en vue d’aider Haïti à sortir de la crise. Selon lui « Haiti doit jouer un rôle plus central dans l’agenda de la politique extérieure des États-Unis ».
Les réactions du pouvoir ne se sont pas fait attendre. Le Ministre des Affaires Etrangères Bocchit Edmond sur son compte twitter a rejeté d'un revers de main les accusations de RNDDH et NOU PAP DÒMI. "Le Président Jovenel Moise et son gouvernement sont attachés au respect des droits de l'homme. Les accusations portées aujourd'hui lors d'une séance au Congrés sont sans fondement et motivées par des considérations politiques", a immédiatement répondu le Chancelier Haitien.
Dans ce même tweet, Bocchit Edmond déplore que des représentants du pouvoir n'aient pas été invités eux aussi à témoigner aux côtés de Pierre Espérance, Emmanuela Douyon et de Daniel Erikson. « Triste de voir que c'était un récit unilatéral dans un pays où ils se battent pour que toutes les voix soient entendues », a regretté le Ministre des Affaires Etrangères.
LA GAZETTE
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