PubGazetteHaiti202005

BRH : l’inflation annuelle recule à 17 % en août, mais la hausse des carburants accélère l’augmentation des prix au quotidien

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L’inflation poursuit son ralentissement en Haïti sur une base annuelle, sans pour autant entraîner une baisse des prix à la consommation. Dans sa note mensuelle consacrée à août 2026, la Banque de la République d’Haïti (BRH) fait état d’un taux d’inflation annuel de 17 %, contre 17,5 % en juillet. Toutefois, l’augmentation des prix des carburants, entrée en vigueur le 10 août, a provoqué une accélération de l’inflation mensuelle, particulièrement dans le secteur des transports, accentuant ainsi la pression sur le pouvoir d’achat des ménages.

Selon les données publiées par la banque centrale, l’indice des prix à la consommation (IPC) a progressé de 1,6 % entre juillet et août 2026, contre 0,9 % le mois précédent. Cette accélération mensuelle contraste avec le ralentissement de l’inflation annuelle. Autrement dit, les prix continuent d’augmenter, mais leur progression sur douze mois demeure moins rapide que celle observée précédemment.

La BRH attribue principalement cette évolution à l’ajustement des prix des produits pétroliers intervenu le 10 août. Les tarifs à la pompe ont ainsi augmenté de 7,7 % pour la gazoline, de 10 % pour le diesel et de 10,9 % pour le kérosène. Ces hausses ont directement influencé les dépenses de transport et contribué à l’accélération générale des prix au cours du mois.

Le secteur des transports a enregistré une augmentation de 9,6 % en août, représentant à lui seul 44,74 % de la contribution à l’inflation mensuelle. Il constitue ainsi le principal facteur de l’accélération observée durant cette période. Les effets de la hausse des carburants pourraient également se répercuter sur les coûts de production, d’approvisionnement et de distribution des marchandises, avec des conséquences sur les dépenses quotidiennes des consommateurs.

Des hausses de prix dans plusieurs secteurs de consommation

Outre les transports, plusieurs autres catégories de dépenses ont enregistré des augmentations en août. Selon la BRH, les prix dans le secteur de l’enseignement ont progressé de 4,5 %, tandis que ceux des loisirs ont augmenté de 1,7 %. Les articles d’habillement et les chaussures ont également connu une hausse de 1,7 %.

Les dépenses liées au logement, à l’eau, au gaz, à l’électricité et aux autres combustibles ont, pour leur part, progressé de 1,3 %.

L’évolution a toutefois été plus modérée dans certaines catégories. Les produits alimentaires et les boissons non alcoolisées ont enregistré une hausse de 0,9 %, inférieure à celle du mois précédent. Les prix dans la restauration ont augmenté de 1,1 %, contre 0,3 % pour les boissons alcoolisées, le tabac et les stupéfiants. Les communications sont demeurées stables.

Malgré ces disparités, trois grandes catégories concentrent l’essentiel des pressions inflationnistes : l’alimentation et les boissons non alcoolisées, le logement et les dépenses énergétiques, ainsi que les transports. Ensemble, elles représentent 77,4 % de la contribution à l’inflation mensuelle et 80,1 % de celle à l’inflation annuelle, selon les données de la banque centrale.

Une inflation cumulée nettement inférieure à celle de l’exercice précédent

Sur les onze premiers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, l’inflation cumulée s’est établie à 14 %, contre 26,3 % durant la période correspondante de l’exercice précédent. Cette évolution traduit un ralentissement significatif de la progression générale des prix.

Le taux moyen d’inflation mensuelle s’est également établi à 1,20 %, soit une diminution de 1,30 point de pourcentage par rapport à la même période de l’exercice précédent.

Toutefois, cette amélioration des indicateurs macroéconomiques ne signifie pas nécessairement un rétablissement du pouvoir d’achat des ménages. Une inflation moins élevée indique que les prix augmentent plus lentement, et non qu’ils diminuent. Pour les familles dont les revenus stagnent ou progressent moins rapidement que le coût de la vie, les difficultés économiques demeurent donc importantes.

Le ralentissement de l’inflation annuelle concerne aussi bien les produits locaux que les produits importés. Pour les produits locaux, le taux est passé de 18,3 % en juillet à 17,7 % en août. Quant aux produits importés, leur taux d’inflation a reculé de 16,2 % à 15,9 %.

Ces données confirment une modération de la hausse annuelle des prix dans les deux catégories, malgré la persistance de pressions inflationnistes sur le marché national.

Des disparités régionales dans l’évolution des prix

Sur le plan géographique, l’inflation présente des variations selon les régions du pays. En août, l’inflation mensuelle a atteint 1,7 % dans l’aire métropolitaine de Port-au-Prince, contre 1,4 % dans la région Nord.

Les régions Reste Ouest et Sud ont chacune enregistré une progression de 1,5 %, tandis que la région Transversale, regroupant les départements de l’Artibonite et du Centre, a affiché un taux de 1,6 %.

Sur une base annuelle, le ralentissement de l’inflation s’est étendu à l’ensemble des régions étudiées. L’aire métropolitaine de Port-au-Prince demeure la zone où la hausse des prix est la plus élevée, avec un taux de 18,1 %.

Elle est suivie du Reste Ouest, à 17,5 %, de la région Transversale, à 16,5 %, et du Sud, à 16,4 %. La région Nord affiche le taux le plus faible, soit 14,9 %.

Ces écarts traduisent des différences dans l’évolution du coût de la vie à travers le territoire national. Les conditions d’approvisionnement, les coûts de transport et les particularités des marchés régionaux peuvent notamment influencer les prix des produits et services essentiels.

La BRH prévoit une poursuite du ralentissement de l’inflation

Pour les prochains mois, la Direction Monnaie et Analyse économique de la BRH anticipe une décélération progressive de l’inflation mensuelle.

Selon ses projections, celle-ci devrait s’établir à 1,4 % en septembre, à 1,3 % en octobre et à 1,2 % en novembre 2026. Sur une base annuelle, le taux d’inflation devrait évoluer autour de 16 % durant cette période.

La banque centrale estime que les effets de l’ajustement des prix des carburants pourraient progressivement s’atténuer au cours des prochains mois. Ces prévisions demeurent néanmoins tributaires de l’évolution des facteurs économiques internes et externes susceptibles d’influencer le niveau général des prix.

La BRH indique, à cet égard, qu’elle poursuit sa surveillance des principaux déterminants de l’inflation afin d’évaluer les risques pouvant affecter sa trajectoire.

Les données relatives à août 2026 mettent ainsi en évidence deux tendances distinctes : un ralentissement de l’inflation annuelle et une accélération de la hausse mensuelle des prix, principalement sous l’effet de l’augmentation des tarifs des carburants.

Si les perspectives de la banque centrale laissent entrevoir une modération progressive des pressions inflationnistes, les ménages haïtiens continuent de subir les effets d’un coût de la vie élevé. L’évolution des prochains mois permettra de déterminer si le ralentissement annoncé se confirme et dans quelle mesure il contribue à limiter l’érosion du pouvoir d’achat.

 

 

 

Par Arnold Junior Pierre

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