Le juge en charge du dossier de l’homme d’affaires Réginald Boulos a émis un ordre de déportation à son encontre, le jeudi 2 avril 2026, selon des informations rapportées par l’avocat Frandley Denis Julien.
Le magistrat a ainsi tranché dans cette affaire impliquant le patron de Delimart, arrêté l’année dernière par les autorités américaines. D’après Me Frandley Denis Julien, cette décision judiciaire place désormais Réginald Boulos sous le coup d’une mesure formelle de déportation.
Par ailleurs, une action en habeas corpus avait été engagée dans le cadre de cette procédure. Toutefois, celle-ci a été suspendue à la suite de la nouvelle décision du juge.
Réginald Boulos a été appréhendé le 17 juillet à son domicile du comté de Palm Beach pour infraction aux lois sur l'immigration. Il est accusé par l’administration Trump dans des déclarations publiques et sur les réseaux sociaux, d'être « impliqué dans une campagne de violence et de soutien aux gangs ayant contribué à la déstabilisation d'Haïti ». Sa famille a toutefois rejeté ces allégations.
Né à New York en 1956, il a grandi en Haïti, où il a d’abord exercé comme médecin à Port-au-Prince avant de se tourner vers le monde des affaires.
Détenu par les services de Immigration and Customs Enforcement (ICE), il a été transféré dans un centre de détention fédéral dans le nord de Miami.
Dans un communiqué publié le 21 juillet 2025, l’’ICE avait indiqué que « Pierre Réginald Boulos, résident permanent légal aux États-Unis et citoyen haïtien, a été arrêté pour violation de la loi sur l’immigration et la nationalité, en lien avec des actions ayant contribué à la déstabilisation d’Haïti ».
Le Département d’État des États-Unis a également affirmé que la présence ou les activités de Boulos sur le sol américain pourraient avoir des conséquences négatives sur la politique étrangère du pays
Les autorités américaines estiment qu’ « il a été impliqué dans des activités liées à la violence et au soutien de groupes armés » .
D’après les autorités, il aurait omis de déclarer certaines informations lors de sa demande de résidence permanente, notamment son implication dans la création du parti politique MTV Haïti et des démêlés avec l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), ce qui constitue un motif supplémentaire d’expulsion pour fraude.
L’ICE a par ailleurs confirmé la révocation de son statut de résident légal, l’accusant d’avoir fourni de fausses déclarations. Les autorités américaines avaient indiqué qu’il pourrait être expulsé prochainement vers Haïti.
Il convient de rappeler que le secrétaire d’État américain Marco Rubio avait annoncé l’ouverture de procédures d’expulsion visant certains résidents permanents haïtiens soupçonnés de soutenir « Viv Ansanm », une association regroupant les gangs en Haïti classée comme terroriste par Washington.
Les États-Unis avaient affirmé ne pas tolérer que des individus bénéficiant d’un statut légal soutiennent des groupes criminels ou violents à l’étranger.
Par: Daniella Saint-Louis
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