PubGazetteHaiti202005

L’ONU dénonce la prise de contrôle totale du territoire par les gangs et alerte sur plus de 5 500 morts

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Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a publié mardi un rapport accablant sur la situation en Haïti. En moins d'un an, plus de 5 500 personnes ont perdu la vie dans un pays où les gangs contrôlent désormais routes, côtes et montagnes, semant la terreur bien au-delà de la capitale.

 

 

Les gangs haïtiens ne se limitent plus à Port-au-Prince. Depuis un an, ils ont étendu leur emprise vers les départements de l'Artibonite et du Centre, s'emparant des principales voies routières et maritimes qui structurent les échanges économiques du pays. En janvier 2025, ils ont même attaqué Kenscoff, dans les hauteurs de Pétion-Ville, l'un des derniers axes reliant la capitale au sud encore hors de leur contrôle. Partout où ils s'installent, le même mode opératoire s'impose : meurtres, enlèvements, extorsions, traite d'enfants et destruction de biens. Certaines victimes sont exécutées sur place, leurs corps brûlés ; d'autres sont jugées par des tribunaux improvisés avant d'être arbitrairement détenues.

Le bilan humain est catastrophique. Entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, au moins 5 519 personnes ont été tuées sur le territoire haïtien. Parmi elles, 1 424 sont mortes directement sous les balles des gangs, 3 497 lors d'opérations des forces de sécurité, et 598 autres aux mains des groupes d'autodéfense. À ces morts s'ajoutent au moins 1 571 femmes et filles victimes de violences sexuelles, dont de nombreux viols collectifs. Des enfants ont aussi été contraints de vivre sous l'emprise de membres de gangs, subissant des abus que le rapport qualifie de crimes d'une gravité extrême.

La réponse à cette crise soulève elle-même de sérieuses questions. La société militaire privée étrangère Vectus Global, engagée par le gouvernement haïtien, mène depuis un an des opérations de drones et des missions héliportées dont certaines pourraient, selon l'ONU, s'apparenter à des assassinats ciblés. Sur le terrain, les groupes d'autodéfense du mouvement Bwa Kale continuent de lyncher des suspects, parfois avec la complicité présumée de policiers. Face à cette accumulation de violences, le Haut-Commissaire Volker Türk a exigé que les autorités s'attaquent aux financiers et aux organisateurs des gangs, avertissant que la nouvelle Force de répression des gangs ne pourra produire aucun résultat durable sans une véritable volonté politique de rompre avec l'impunité.

 

 

 

Arnold Junior Pierre / ONU Info

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