PubGazetteHaiti202005

Parc Vincent des Gonaïves en mauvais état : le journaliste Johnny Ferdinand écrit au ministère des Sports

Illustration de Louidjy Beaubrun

Le journaliste et acteur sportif Johnny Ferdinand a adressé une lettre ouverte au ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, Pythagore Dumas, pour dénoncer l’état critique du Parc Sténio Vincent aux Gonaïves. 

Dans cette correspondance dont notre rédaction a reçu copie le 12 mars 2026, il tire la sonnette d’alarme sur l’abandon prolongé de cette infrastructure sportive majeure, restée dans un état de dégradation avancée depuis plus de quinze ans malgré plusieurs promesses de réhabilitation.


Se présentant comme fils de la cité de l’indépendance et ancien dirigeant du Racing Football Club des Gonaïves, Johnny Ferdinand explique qu’il se fait le porte-voix de toute une communauté sportive préoccupée par la situation. Le Parc Sténio Vincent constitue l’antre historique du Racing FC des Gonaïves et de Éclair AC des Gonaïves, deux clubs emblématiques de la ville évoluant respectivement en première et en deuxième division du championnat national.


Etant réhabilité en 2005, il a rapporté que le parc a été sévèrement endommagé lors du passage des ouragans Ouragan Hanna et Ouragan Ike en 2008. Depuis cette période, l’infrastructure n’a jamais été réellement remise en état. Pourtant, les annonces officielles n’ont pas manqué. 

Toutefois, en 2012, sous la présidence de Michel Joseph Martelly, un montant d’environ douze millions de gourdes devait être mobilisé pour la réhabilitation du terrain, incluant la clôture de l’espace, la remise en état de la pelouse et la réparation des tribunes.

Plusieurs années plus tard, en novembre 2018, une nouvelle tentative de relance du projet avait été annoncée avec la pose symbolique de la première pierre par les autorités du ministère des Sports de l’époque. Les travaux prévus devaient inclure la rénovation de la surface de jeu, la construction de vestiaires ainsi que l’aménagement d’une tribune officielle.

Cependant, selon les acteurs sportifs de la ville, ces travaux n’ont jamais été réalisés et aucune explication claire n’a été fournie par les autorités compétentes.

Dans sa lettre, Johnny Ferdinand s’interroge notamment sur les fonds annoncés pour ces projets : combien de millions de gourdes ont réellement été mobilisés et décaissés pour la réhabilitation du Parc Vincent depuis 2008 ? Quelles entreprises ont été chargées d’exécuter ces travaux ? Et pourquoi l’infrastructure demeure-t-elle dans un état aussi déplorable malgré les multiples promesses faites à la population ?

La situation est d’autant plus préoccupante que l’autre installation sportive de la ville, le Parc Miguel Saint-Jean situé à Morne-Blanc, censé servir d’alternative, se trouve lui aussi dans un état de dégradation avancée. Présentée comme l’un des stades construits sous l’administration Martelly-Lamothe, cette infrastructure n’aurait jamais été totalement achevée et se détériore progressivement, avec une surface de jeu abîmée, des vestiaires transformés en dépotoirs et des installations sanitaires hors service.

Aujourd’hui, malgré la reprise des compétitions nationales organisée par la Ligue Haïtienne de Football, le Racing FC des Gonaïves est contraint d’accueillir ses rencontres au Parc Vincent dans des conditions jugées extrêmement précaires. Les matches s’y disputent sur un terrain en terre battue, poussiéreux, sans vestiaires, sans bancs de touche et même sans toilettes, où des animaux peuvent parfois se retrouver sur l’aire de jeu.

Face à cette situation, Johnny Ferdinand appelle le ministre Pythagore Dumas à faire de la réhabilitation du Parc Sténio Vincent l’une des priorités du gouvernement. Il plaide également pour que ce dossier soit défendu dans le prochain budget rectificatif de l’État afin de sortir ce projet du cycle des promesses non tenues.

Selon lui, la ville des Gonaïves mérite une infrastructure sportive à la hauteur de son histoire et de sa contribution au football haïtien. La cité a vu évoluer plusieurs clubs historiques comme Towo Bègle, Aigle Rouge, Éclair et Racing, et accueille chaque année le Mundialito, considéré comme l’un des plus anciens et des plus populaires championnats de vacances du pays.


Dans sa correspondance, dont copie a également été adressée au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, au ministre de l’Économie et des Finances Serge Gabriel Colin ainsi qu’à la présidente du comité de normalisation de la Fédération haïtienne de football, Monique André, Johnny Ferdinand espère que cet appel permettra enfin de relancer le dossier de la réhabilitation du Parc Vincent au bénéfice de la jeunesse et des passionnés de football des Gonaïves. 


Ce que dénonce le journaliste n’est pas un cas isolé. Il s’agit d’une situation qui concerne plusieurs infrastructures sportives du pays, aujourd’hui dans un état de dégradation avancée. À cela s’ajoute le fait que certains sites sont désormais sous contrôle de groupes armés, notamment le Ranch de la Croix-des-Bouquets, qui a été récemment incendié par des gangs occupant la zone.


Wideberlin Sénexant

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