PubGazetteHaiti202005

Contrôle de l’eau traitée : le MCI accorde 22 jours aux opérateurs pour respecter les normes sanitaires

@Daphney Frazier

Le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a publié une circulaire fixant de nouvelles exigences à l’intention des entreprises spécialisées dans la production et la distribution d’eau traitée en Haïti. À travers cette décision, les autorités entendent renforcer les normes sanitaires et améliorer le contrôle de la qualité de l’eau destinée à la consommation.


Dans ce document officiel publié le 2 mars 2026, le ministère rappelle que toutes les entreprises opérant dans ce secteur doivent se conformer aux dispositions des articles 5 et 6 du décret du 11 mars 2020 définissant la réglementation et le contrôle de la production et du commerce des denrées alimentaires. Les opérateurs disposent d’un délai maximum de 22 jours à compter de la publication de la circulaire pour appliquer les nouvelles mesures imposées par le MCI.


Selon les autorités, toute entreprise de production ou de vente d’eau traitée, y compris les kiosques de revente, doit obligatoirement être enregistrée auprès du ministère et détenir une Carte d’Identification Professionnelle (CIP) valide. Le respect des Bonnes Pratiques d’Hygiène (BPH) est également exigé dans toutes les étapes de la chaîne de production, notamment la fabrication, le stockage et le transport de l’eau. Les camions transportant les eaux conditionnées, en particulier celles vendues en sachets, devront être entièrement fermés afin de protéger les produits du rayonnement solaire.


La circulaire précise également que les contenants utilisés, notamment les sachets, doivent être fabriqués à partir de matériaux inertes, non toxiques et homologués pour le contact alimentaire, capables de garantir la stabilité du produit face à la chaleur. Par ailleurs, l’étiquetage des eaux traitées devra respecter les dispositions de l’article 10 du décret du 11 mars 2020 relatif à la sécurité des biens et services, à la loyauté des transactions économiques et à la protection du consommateur.


Sur le plan sanitaire, le ministère adopte une position ferme. Aucune présence de germes pathogènes, notamment E. coli, les coliformes totaux, les coliformes fécaux ou les streptocoques fécaux, ne sera tolérée dans l’eau destinée à la consommation. Des analyses bactériologiques devront être réalisées régulièrement par des laboratoires agréés. Les certificats d’analyse, valables pour une durée d’un mois, devront être présentés lors des contrôles sanitaires.


Le MCI rappelle également que les fournisseurs et kiosques doivent appliquer strictement l’avis MCI/JM/DCQPC/0045/09/24 du 13 septembre 2024. Les fournisseurs sont tenus d’assurer la désinfection régulière des camions citernes et de veiller à ce que les réservoirs ainsi que les systèmes de tuyauterie de leurs clients soient correctement nettoyés et désinfectés avant tout approvisionnement.

La circulaire exige en outre l’instauration d’un système de traçabilité des produits. Les fournisseurs devront définir un délai de péremption pour l’eau distribuée dans les kiosques, tandis que ces derniers devront conserver les preuves de transaction, notamment les reçus et factures, afin de garantir le suivi des produits.


Enfin, les kiosques de revente devront être équipés de dispositifs supplémentaires, tels que filtres, lampes ultraviolettes ou ozoniseurs, capables d’éliminer toute présence bactérienne. Les entreprises devront également employer un personnel technique qualifié dans le traitement et le contrôle de la qualité de l’eau afin de détecter rapidement toute anomalie et d’appliquer les mesures correctives nécessaires.

À travers cette circulaire, le Ministère du Commerce et de l’Industrie entend renforcer la régulation du secteur de l’eau traitée et garantir aux consommateurs haïtiens des produits répondant aux normes sanitaires en vigueur.

Cette décision intervient dans un contexte particulièrement préoccupant pour la santé publique. Elle fait suite au dernier rapport publié par le Ministère du Commerce et de l’Industrie sur la qualité des eaux vendues et consommées dans le pays, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Présentée officiellement le 30 janvier 2026, cette étude a fortement ébranlé la confiance des consommateurs en révélant une situation alarmante : plus de 92 % de l’eau en sachet, en bonbonne ou provenant des stations de traitement serait contaminée. Le rapport indique que de nombreuses analyses ont détecté la présence de microbes et, dans plusieurs cas, de matières fécales, exposant ainsi des millions d’Haïtiens à de sérieux risques sanitaires. Dans ce contexte, les nouvelles exigences imposées aux entreprises du secteur visent à renforcer les contrôles et à améliorer la qualité de l’eau destinée à la population.

Wideberlin Sénexant

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