Dans un rapport publié ce jeudi 6 novembre 2025, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a dénoncé « l’inadéquation des mesures adoptées par l’Etat haïtien » par rapport aux menaces de l’Ouragan Melissa » ayant provoqué le décès de plus de plus de 40 Haïtiens.
Une puissante tempête tropicale baptisée « Melissa » transformée en Ouragan a frappé Haïti au cours de la fin du mois d’Octobre. Cet ouragan a provoqué d’énormes dégâts dans le pays notamment dans les départements du Sud, de la Grand’Anse et de l’Ouest. La commune de Petit-Goave a été fortement touchée par cet ouragan.
Les nouveaux chiffres communiqués par le Système National de Gestions des Risques et Désastres ( SNGRG) font état de 43 morts dont 25 à Petit-Goave, 21 blessés et 13 disparus. 11 952 maisons inondées, 176 détruites et 4 257 autres endommagées, faiblement ou fortement.
Selon les autorités, des inondations ont été recensées dans au moins 31 communes suite aux pluies intenses (jusqu’à 400 mm), abattues dans le pays accompagnées des vents parfois violents, des submersions marines, entraînant des crues de rivières notamment dans le Grand Sud.
Suite au passage désastreux de Melissa, le RNDD a dénoncé « l’inadéquation des mesures adoptées par les autorités de l’Etat ». Il a vivement critiqué les mesures préventives prises par les autorités « consistant seulement en communication suite aux menaces de l’ouragan. »
Selon le RNDDH, les autorités n’ont fait qu’alerter la population mais, n’ont pris aucune mesure nécessaire pour éviter les dégâts causés par l’Ouragan. Il a déploré le fait « qu’aucune rivière n’ait été curée. Aucune communauté exposée, comme les populations des localités de La Digue et de Borne - Soldat, n’a non plus été déplacée ». Or, l’intensification de la communication autour de l’ouragan, souligne-t-il, laisse comprendre que l’ampleur des dégâts était à prévoir.
Alors que les autorités ont informé avoir assisté les victimes, des organisations internationales ont distribué des kits ou des montants, certaines familles dispersées dans les sites d’accueil ou chez des proches ont témoigné au RNDDH n’avoir reçu à ce jour aucun soutien de l’Etat. Par ailleurs, l’organisme des droits humains dit avoir appris que « l’Etat comptait offrir la somme de
deux-cent-cinquante-mille (250,000) gourdes aux familles ayant perdu leurs proches et que les funérailles des victimes seront couvertes par l’Etat » . Il qualifie cette somme de « modique »
Le RNDDH exige à ce que l’Etat haïtien prenne en considération les dégâts causés par l’ouragan et octroie une somme considérable aux victimes.
Présentant ses condoléances aux familles endeuillées, l’organisme des droits humains exhorte « les autorités à fournir assistance psychologique, financière et médicale aux victimes blessées ainsi qu’aux proches des victimes, assister les victimes dans le respect de leur dignité, mettre en œuvre, avec les victimes elles-mêmes, des programmes de relèvement, qui tiennent compte de leurs besoins spécifiques, suivre le relèvement des victimes survivantes, jusqu’à leur réhabilitation complète, dresser la liste des communautés exposées à l’inondation et aux glissements de terrain en vue de les déplacer à l’avenir, lorsque des intempéries sont annoncées. »
Par: Daniella Saint-Louis
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