PubGazetteHaiti202005

Les États-Unis sollicitent l'autorisation de l'ONU pour créer une nouvelle « Force de répression des gangs » en Haïti

Amb Dorotie Shea

Lors de la reunion du Conseil de Sécurité des Nations Unies, hier, jeudi 28 août 2025, les  États-Unis ont proposé de créer une nouvelle « Force de répression des gangs » afin de lutter contre les gangs en Haïti.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a fait le point hier sur la situation actuelle d’Haïti. Lors de cette réunion, l’ambassadrice américaine par intérim, Dorothy Shea a remercié le Kenya d'avoir répondu à l'appel d'Haïti « à un moment critique » et d'avoir dirigé une force multinationale pendant plus d'un an, affirmant que sans elle, « les gangs auraient été encore plus enhardis dans leurs ambitions et leurs atrocités éhontées contre les civils en Haïti ».

Elle a indiqué que les États-Unis et le Panama soumettraient un projet de résolution au Conseil de sécurité visant à créer la Force de répression des gangs et un Bureau d'appui des Nations Unies pour lui apporter un soutien logistique.

On ignore si elle sera différente de la Force multinationale de soutien à la sécurité dirigée par le Kenya, actuellement déployée en Haïti pour lutter contre les gangs et aider la Police Nationale d’Haïti à rétablir l’ordre et la paix dans le pays.

En février, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a proposé l'ouverture d'un bureau qui fournirait des drones, du carburant, des transports terrestres et aériens et d'autres moyens de soutien non létaux à la mission dirigée par le Kenya.

Hier, il a exhorté le conseil à agir dans les meilleurs délais et à autoriser une force internationale soutenue par l’ONU sur les plans logistique  et opérationnel et bénéficiant d’un financement prévisible.

«Je demande instamment au Conseil d’agir sans délai et d’autoriser une force internationale soutenue par l’ONU sur les plans logistique et opérationnel et bénéficiant d’un financement prévisible », a déclaré le chef de l’ONU.

Il a salué les efforts de certains membres du conseil dans l’avancement de sa proposition du 24 février en vue de renforcer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) par un soutien logistique et opérationnel de l’ONU. Antonio Guterres estime que les personnes qui alimentent la violence en Haïti doivent être pressurées par les mesures de sécurité. Il a invité« le conseil à mettre en place un véritable embargo sur les armes et à étendre les sanctions en ciblant les chefs de gangs, les commanditaires, les trafiquants d’armes et autres complices et associés.   »

Saluant la collaboration entre le Président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, et le Premier Ministre, Alix Didier Fils-Aimé, il dit constater également une coordination plus étroite entre le ‘Task Force’ du Premier Ministre, la Police Nationale d’Haïti et la Mission multinationale d’Appui à la Sécurité permettant une amélioration des opérations sur le terrain.  Toutefois, il a précisé que « ces acquis fragiles doivent être défendus et étendus . »

Lors d’une conférence de presse vendredi 22 août dernier, le chargé d’Affaires américain en Haïti, Henry Wooster a annoncé l’intention des États-Unis de restructurer la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMAS) déployée dans le pays depuis plus d’un an. Il  a informé que les États Unis travaillent en collaboration avec les Nations Unies et des partenaires en vue de restructurer la MMAS et d’installer un bureau d’appui de l’ONU en Haïti. Selon lui, la modification de cette force permettra de mieux faire face aux nombreux défis d’Haïti et combattre les gangs armés . 

Ces propositions interviennent alors que le gouvernement haïtien a signé un contrat avec Eric Prince, éminent partisan de Donald Trump et dirigeant de la compagnie de sécurité privée pour combattre les gangs dans le pays.   Dans un article publié par le journal Reuters, il a indiqué que  Eric Prince a déclaré lors d’une interview que son entreprise, Vectus Global, avait conclu un accord de dix ans avec le gouvernement haïtien pour lutter contre les gangs criminels et mettre en place un système de collecte des impôts. Une fois la situation sécuritaire stabilisée, l'entreprise participera à la conception et à la mise en œuvre d'un programme de taxation des marchandises importées à la frontière entre Haïti et la République Dominicaine, avait t-il précisé.

Il faut souligner que malgré la présence de la MMSS en Haïti la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée. Les gangs continuent d’étendre leurs violences dans la capitale et certaines villes de province. Selon un rapport de l’ONU publié en juillet, dernier au moins 3 141 personnes ont été tuées en Haïti  du 1er janvier au 30 juin 2025. Plus de 1500 ont été assassinées entre avril et juin. 

Près de 1.3 millions de personnes ont fui leurs domiciles suite aux violences des gangs aggravant situation humanitaire.  Environ 5,7 millions de personnes souffre d’insécurité alimentaire .

 

 

 

Daniella Saint-Louis avec AP News

Category

Politique

Culture

Economie

Sport