Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 22 août 2025, le chargé d’Affaires américain en Haïti, Henry Wooster a annoncé l’intention des États-Unis de restructurer la Mission Multinationale de Soutien à la Sécurité (MMAS) déployée dans le pays depuis plus d’un an.
Les Etats-Unis veulent modifier la MMAS afin qu’elle soit plus apte. Le chargé d’Affaires américain en Haïti, Henry Wooster a informé que les États Unis travaillent en collaboration avec les Nations Unies et des partenaires en vue de restructurer la MMAS et d’installer un bureau d’appui de l’ONU en Haïti.
Il a salué les efforts des kényans et d’autres membres de la MMAS malgré leurs ressources limitées. Selon lui, la modification de cette force permettra de mieux faire face aux nombreux défis d’Haïti et combattre les gangs armés .
Henry Wooster a indiqué que États-Unis ont fourni 835 millions dollars à la MMAS.
« Il est clair que la MMAS doit changer de façon différente afin de pouvoir résoudre l’insécurité. C’est pour cela que nous demandons aux Nations Unies et aux partenaires d’aider», a-t-il déclaré.
Il a souligné l’urgence d’apporter plus de soutien à Haïti afin de restaurer la sécurité.
Selon ses déclarations, l’intention de modifier la force ne traduit pas que celle-ci n’a pas apporté de résultats, mais elle vise à mieux l’équiper afin qu’elle soit plus efficace et capable de remplir sa mission. «On ne peut pas demander à une mission de résoudre les problèmes d’un pays si elle n’a que les moyens nécessaires pour répondre seulement ceux d’une ville», a soutenu Wooster.
Les USA ont réitéré leur plein soutien envers Haïti et la police nationale en vue de permettre le rétablissement de la paix ainsi que la sécurité dans le pays. Les autorités américaines ont réaffirmé leur volonté de continuer à travailler en étroite collaboration avec le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Conseil Présidentiel de Transition y compris les partenaires internationaux afin de relever les nombreux défis auxquels Haïti est confrontée.
« La stabilité d’Haïti est importante pour les États-Unis », a déclaré le chargé d’affaires américain, précisant que « l’avenir d’Haïti est entre les mains des Haïtiens.»
Malgré le déploiement de la force multinationale dans le pays depuis plus d’un an, la situation sécuritaire ne s’est pas améliorée. Les gangs continuent d’étendre leurs violences dans la capitale et certaines villes de province. Plusieurs véhicules blindés de la MMSS ont été incendiés par les gangs, deux kenyans ont été également tués et plusieurs autres ont été blessés dans des affrontements.
Selon un article publié par The Kenya Times, l'administration du président américain Donald Trump prévoit de choisir un autre pays pour diriger la Mission multinationale de soutien à la sécurité (MMAS) en Haïti.
La cheffe de mission adjointe des États-Unis, Kimberly J. Penland, a déclaré le 20 août que les États-Unis prévoyaient de doubler les effectifs des forces étrangères déployées en Haïti, avec la possibilité qu'un autre pays, plutôt que le Kenya, dirige la nouvelle équipe.
Mme Penland a indiqué aux dirigeants étrangers présents à l'Organisation des États américains (OEA) que les États-Unis rédigeaient une résolution à présenter au Conseil de sécurité des Nations Unies afin de « doter les ressources nécessaires » à la lutte d'Haïti contre les gangs et de reprendre le contrôle de ses territoires.
Si elle est adoptée, la proposition devrait être modifiée, même si elle s'aligne sur une proposition antérieure du Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, avait rapporté le média Kényan.
Contrat avec une compagnie de sécurité privée étrangère
Malgré la présence de la MMAS en Haïti, le gouvernement haïtien a signé un contrat avec Eric Prince, éminent partisan de Donald Trump et dirigeant de la compagnie de sécurité privée pour combattre les gangs dans le pays.
Dans un article publié par le journal Reuters, il a indiqué que Eric Prince a déclaré lors d’une interview que son entreprise, Vectus Global, avait conclu un accord de dix ans avec le gouvernement haïtien pour lutter contre les gangs criminels et mettre en place un système de collecte des impôts. Une fois la situation sécuritaire stabilisée, l'entreprise participera à la conception et à la mise en œuvre d'un programme de taxation des marchandises importées à la frontière entre Haïti et la République Dominicaine, avait t-il précisé.
Il avait déclaré qu'il espérait reprendre le contrôle des principaux axes routiers et des territoires aux gangs d'ici environ un an. « Pour moi, l'un des principaux indicateurs de succès sera de pouvoir se rendre de Port-au-Prince à Cap-Haïtien dans un véhicule léger sans être arrêté par les gangs », avait déclaré Prince lors de l'interview.
Prince n'a pas souhaité commenter le montant que le gouvernement haïtien verserait à Vectus Global, ni le montant des impôts qu'il prévoit de collecter en Haïti, rapporte le média étranger.
Vectus a commencé ses opérations en Haïti en mars, déployant principalement des drones en coordination avec un groupe de travail dirigé par le Premier ministre.
Le gouvernement haïtien n’a jusqu’à présent communiqué aucune information concernant ce contrat avec Prince. Les membres du gouvernement n’ont répondu à aucun commentaire de Reuters à ce sujet.
En juillet, neuf sénateurs américains ont écrit au secrétaire d’Etat américain Marco Rubio et à la secrétaire à la sécurité intérieure Kristi Noem pour réclamer des explications détaillées sur l’implication d’une société militaire privée américaine en Haïti. Selon eux, un contrat liant le gouvernement à une entreprise dirigée par Erik Prince, fondateur controversé de Blackwater Worldwide, soulève de graves préoccupations.
Ils avaient évoqué une possible infraction à l’Arms Export Control Act (AECA) et au règlement ITAR (International Traffic in Arms Regulations), qui interdisent toute exportation de matériel de défense ou prestation militaire à une entité étrangère sans l’autorisation expresse du Département d’État.
Face à ces incohérences, les sénateurs avaient exigé des réponses précises avant le 15 août 2025.
Lancement de drones kamikazes
Plusieurs bandits de la coalition criminelle “ Viv ansanm “ ont été tués à l’aide de drones explosifs lors de nombreuses opérations menées par le Task force en coordination avec la PNH. Mais au cours de la semaine, deux membres de l’unité spécialisée Swat, ont tragiquement trouvé la mort à Kenscoff, à la suite du largage d’un drone opéré par le Task-Force de la Primature. Plusieurs autres policiers ont été blessés dans cet accident.
Selon les précisions fournies par Mathieuny Sidel, porte-parole du Syndicat national des policiers haïtiens (SYNAPOHA), les agents du Swat étaient positionnés sur un site stratégique dans le cadre des opérations que mènent les forces de l’ordre contre les groupes armés sévissant dans la région. C’est alors qu’un drone a été déployé et largué, provoquant la tragédie.
Par: Daniella Saint-Louis
- Log in to post comments


