PubGazetteHaiti202005

«Le CPT doit partir»: Montana ne veut pas attendre 7 février 2026 et appelle déjà à une nouvelle gouvernance

Jacques Ted St Dic, du BSA

Dans un communiqué publié ce jeudi 3 avril 2025, le Bureau de Suivi de l’Accord de Montana (BSA) a dénoncé ce qu’il qualifie de « trahison » perpétrée par les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) à l’accord du 3 avril, et exige leur départ immédiat. Après une année marquée par des violences inouïes et une aggravation de la crise politique et sécuritaire, le BSA appelle les forces organisées du pays à s’unir en vue d’instaurer une nouvelle gouvernance axée sur le sauvetage national et le rétablissement de la paix.

Signé le 3 avril 2024, l’accord soutenu par diverses organisations de la société civile, des secteurs religieux, économiques et politiques dont l’accord Montana devait poser les bases d’une transition inclusive visant à restaurer l’ordre constitutionnel. Pourtant, selon le BSA, les membres du CPT issus de ces mêmes secteurs auraient renié leur engagement initial en reléguant aux oubliettes les principes fondateurs de l’accord, au profit d’intérêts économiques et politiques jugés obscurs.

Le communiqué dénonce un véritable « coup d’État » institutionnel, orchestré avec la complicité du gouvernement démissionnaire d’Ariel Henry. En effet, le document officiel régissant l’organisation et le fonctionnement du CPT, fruit du consensus du 3 avril, a été écarté au profit d’un décret signé le 10 avril 2024 par l’ancien Premier ministre, dans lequel l’accord n’est même pas mentionné, selon Montana.

Selon le BSA, le CPT, loin de répondre aux attentes de la population, a aggravé la situation du pays en laissant place à un chaos généralisé. Le communiqué brosse un tableau sombre de la gouvernance actuelle, marquée par une insécurité galopante, des violations massives des droits humains, une corruption exacerbée et une totale inertie face aux souffrances de la population.

Le bilan présenté par Montana est alarmant : plus de 6 000 personnes massacrées en un an, une recrudescence des violences sexuelles, des quartiers entiers dévastés, plus d’un million de déplacés internes, sans compter les nombreux scandales entachant le Conseil Présidentiel de Transition. Loin de mener la transition vers un État stable et fonctionnel, le CPT est accusé d’avoir contribué à l’effondrement total des institutions haïtiennes.

Face à cette situation jugée intenable, le BSA estime qu’il n’est plus question d’attendre l’échéance du 7 février 2026. Il affirme que le CPT ne parviendra ni à résoudre la crise sécuritaire ni à organiser des élections crédibles. Il exige de ce fait le départ immédiat des membres du Conseil et du gouvernement actuel, condition qu’il juge indispensable à la mise en place d’une nouvelle gouvernance de transition.

Le BSA plaide en faveur d’une concertation entre les forces organisées du pays et les acteurs engagés dans la résistance nationale afin d’élaborer une alternative viable. Ce processus, selon le communiqué, devra réunir tant les mouvements populaires et politiques en lutte que les membres de la diaspora partageant une vision de changement.

La nouvelle gouvernance prônée par le BSA devra avoir comme mission première le rétablissement de la paix et la reconstruction d’un État fonctionnel, avant d’aboutir à des élections démocratiques. Ce projet nécessitera, selon l’Accord Montana, une mobilisation citoyenne et une organisation politique stratégique pour mener Haïti vers un avenir plus stable.

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

Category

Politique

Culture

Economie

Sport